‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 326 sur 975 · LIVRE Xn, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE Xn, CHAPITRE XV

Lm Orientaux, ^i ont exposé des femmes à des éléphants dressés pour un abominable genre de supplice, ont-ils voulu faire violer la loi par la loi?

Un ancien usage des Romains défendait de faire mourir les filles qui n'étaient pas nubiles. Tibère trouva Texpédient de les faire violer par le bourreau avant de les envoyer au supplice > : tyran subtil et cruel , il détruisait les mœurs pour conserver les coutumes.

Lorsque la magistrature japonaise a fiait exposer dans les places publiques les femmes nues, et les a obligées de marcher à la manière des bétes, elle a fait frémir la pudeur*; mais, lorsqu'elle a voulu

' SovromOB, in Tiberio. — Le mot virgo, dont se lert loi Soélooe, désignaU Umte fille qui n*avatt point été mariée , oa qai n'était point oonnoe pour ooortisane. (D.) — Ce passage doMDfKee me semltle, one grande attenUon. Tibère, iMoune aéchant, se plaignit an sénat de S^an , tu>mme plus méciiant que tuf , par une lettre arUficieuse et obscure. Cette lettre n'était point d^ia soorerain qni ordonnait aux ma^rats de frire, selon les lois, le procès h un coupable; elle semblait écrite par un ami qui déposait ses douleurs dans le sein de ses amis. A pdne détaillait-il la perfidie et les crimes de S^an. Ptas 11 paratasait affligé, plua U rendait Séjan odieux. Cétait UTier à U vengeance publique le second personnage de Tempire, et le plus détesté. Dès qu*on sut dans Rome que cet bonoM si poissant déplalsatt au maître, le coaral, le ffféteur, le sénat , le peuple , se Jetèrent sur lui comme sur une Tictime qu'on leur abandonnait II n'y eut nulle forme de Jugement; on le traîna en prison; on Texécuta; il fdt décblré par mille ■ains, loi, tes amis et ses parents. TU>ère n'ordonna point qu'on fit mourir la fille de ce malheureux , âgée de sept ans, malgré la loi qui défendait cette barbarie : il était trop habile d trop lésenré pour jordonner un tel suppUce, et sortout pour aokMter leTM par un bourreau. Tacite et Suétone rapportent Ton et rautre', an bout de cent ans , cette acUon exécrable ; asais Ils ne disent point qu'elle ait été commise ou par la per- ■iiilon 4e Fempareor, oo par celle du sénat M)e mémo que et ne lut point avec la pennission du roi que la populace de Parte mangea le cœur du maréchal d'Ancre. U est bien étrange qif on dise que Tibère détruisU les mœun pour conserver lés mjuluuif U senbleraU qu'un empereur eût introduit la coutome noovdle de violer les enfants , par respect pour la cou- Inme aneieraie de ne les pas faire poidre avant Page de pu-

Cette aventure du bourreau et de la fille de S^an m'a tou- Joors paru bien suspecte : toutes les anecdotes le sont; et J'ai MiaM douté de quelques imputations qu'on fait encore tous les Jours à Tibère, comme de ces $pinthrùe, dont on parle tant ; de ces débauches honteuses et dégoûtantes , qui ne sont Jamais qoe les excès d'une Jeunesse emportée, et qu*un empereur de soixante et dix ans cacherait h toos les yeux, avec le même soin qu'une vestale cachait ses parUes naturelles dans une prooeaston. Je n'ai Jamais cru qu'un homme aussi adroit que Tftère, aussi dtsslmalé, et d'un esprit aussi profond, eût voulu

sTkvflir à œ point devant tous ses domestiques , ses soldats , ses esclaves , et surtout devant ses autres esdaves , les courtisans. Hyades dioses de bienséance Jusque dans les phis indignes ToliipCés. Et de plus, Je pense que pour un tyran, successeur éa discret tyran de Rome, é'eût été le moyen infisillible de se hàn sfssarinsr. (Volt.)

* lUeuead<$v0fage9quiontierviàVélabU$9emêHtdêla ' I /ato , tome y, partie n. — Un seul voyageur,

ttmporii ki^u» amlort». C*Mt an brait va(M 40I m ésM to t«Bp«. Qaieoaqaa s vées a «atnida des fssMeCés répétées vingl au eotleri par le pabUo. (VotT.)

contraindre une mère... lorsqu'elle a voulu contraindre un fils... je ne puis achever, elle a £ût frémir la nature même >.

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