‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 343 sur 975 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Des revenus de l*État.

Les revenus de TÉtat sont une portion que chaque citoyen donne de son bien pour avoir la sûreté de l'autre, ou pour en jouir agréablement.

Pour bien fixer ces revenus, il faut avoir égard et aux nécessités de TÉtat, et aux nécessités des tiUsjeûS. U ne faut point prendre au peuple sur ses besoins réels, pour des besoins de TÉtat imaginaires.

Les besoins imaginaires sont ce que demandent

* Comme aqjoardliiii eo Pêne, au rapport de M. Chardin. Crt usaient bien andeo. «OnmitCaTade,ditProoope,dan8 • le ehàteaa de Toahli. U y a une loi qui défend de parler de « oem «pii 7 sontenferméi, et mAme de prononcer leur nom. »

* La loi 5f au ood. ad Ug. Jul. nùnj.

3 An chapitre vm de ee livre.

4 Frédéric copia cette loi dans les constttutions de Nafdes, Ut. I.

^ Dans les monardiiesU yaordinatrementuneloi qui défend à ceox qui ont des emplois pubUcs de sortir du royaume sans la perralision du prince. Cette loi doit être encore établie dans les républiques. Mais, dans celles qui ont des tnstttutions singu- ISiKs, la défense doit être générale, pour qu'on n*y rapporte pas les nurors étrangères.

les passions et les faiblesses de ceux qui gouvernent, le charme d*nn projet extraordinaire, Tenyie malade d*tme vaine gloire, et une certaine impuissance d'esprit contre les fantaisies. Souvent ceux qui , avec un esprit inquiet , étaient sous le prince à la tête de& affaires, ont pensé que les besoins de rÉtat étaient les besoins de leurs petites âmes.

II n*y a rien que la sagesse et la prudence doivent plus régler que cette portion qu'on ôte et cette portion qu'on laisse aux siyets.

Ce n'est point à ce que le peuple peut donner qu'il faut mesurer les revenus publics , mais à ce qu'il doit donner; et si on les mesure à ce qu'il peut donner, il faut que ce soit du moins à ce qu'il peut toujours donner.

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