CHAPITRE XIV
Qoe la nature des tributs est relative tu gouveruement. *
L'impôt par tête est plus naturel à la servitude ; rimpdt sur les marchandises est plus naturel à la liberté, parce qu'il se rapporte d'une manière moins directe à la personne *.
Il est naturel au gouvernement despotique que le prince ne donne point d'argent à sa milice ou aux gens de sa cour, mais qu'il leur distribue des terres, et par conséquent qu'on y lève peu de tributs. Que si le prince donne de l'argent , le tribut le plus naturel qu'il puisse lever est un tribut par tête. Ce tribut ne peut être que très-modique : car comme on n'y peut pas faire diverses classes considérables , àeauae des abus qui en résulteraient, vu l'iiyustice
Tkiees qui ^'éUtent maintenoM dans le droit de fixer eUesméwÊm les tribnU qa^eUes devaient à r£tat (P.)
' Gela tenit iDooDtestable si lei oonUngents par télé étalent ^saoz ; car U n*y aurait rien de pltu disproportionné <|a*ane paifille taxe; et é'est surtout dans les proportions exactement QlMenréeaqae oonsiste Teqnrit de la lilîerté. Mais si la taxe par IMe est exactement proportionnée aux moyens des particu- Uert, oomme pourrait être oeUe qui porte en France le nom àêmpùaikm,^ qui, de cette manière, est à la fois réelle et penomieUe, elle est la plus équitable, et par conséquent la plus coDTenable à des bommci libres. (J. J. Roussbao , Écon, potit.)
et la violence du gouvernement , il faut nécessairement se régler sur le taux de ce que peuvent payer les plus misérables.
Le tribut naturel au gouvernement modéré est l'impôt sur les marchandises. Cet impôt étant réellement payé par l'acheteur, quoique le marchand l'avance, est un prêt que le marchand a déjà fait à Taclieteur : ainsi il faut regarder le négociant et comme le débiteur général de FÉtat, et comme le créancier de tous les particuliers. Il avance à l'État le droit que Tacheteur lui payera quelque jour; et il a payé, pour l'acheteur, le droit qu'il a payé pour la marchandise. On sent donc que plus le gouvernement est modéré, que plus l'esprit de liberté règne, que plus les fortunes ont de sûreté, plus il est facile au marchand d'avancer à l'État, et de prêter au particulier des droits considérables. En Angleterre, un marchand prête réellement à TÉtat cinquante ou soixante livres sterling à chaque tonneau de vin qu'il reçoit. Quel est le marchand qui oserait faire une chose de cette espèce dans un pays gouverné comme la Turquie? et, quand il l'oserait ùire, comment le pourrait-il, avec une fortune suspecte, incertaine, ruinée.'