CHAPITRE XI
Ce que les lois doivent faire par rapport à Fesclavage.
Mais, de quelque nature que soit l'esclavage, il» feut que les lois civile^ cherchent à en ôter, d'ua côté , les abus , et de l'autre , les dangers.
Abus de Tesdavage.
Dans les États mahoroétans >, on est non-seule^ ment maître de la vie et des biens des femmes es-l claves, mais encore de ce qu'on appelle leur vertu oaleur honneur K C'est un des malheurs de ces pays , que la plus grande partiede la nation n'y soit faute que pour servir à la volonté de l'autre. Cette servitude est récompensée par la paresse dont on l fait jouir de pareils esclaves : ce qui est encore pour \ l'État un nouveau malheur. *
Cest cette paresse qui rend les sérails d'Orient 4 des lieux de délices pour ceux mêmes contre qui ils sont faits. Des gens qui ne craignent que le travail peuvent trouver leur bonheur dans ces lieux tranquilles. Mais on voit que par là on choque même l'esprit de l'établissement de l'esclavage.
La raison veut que le pouvoir du maître ne s'étende point au delà des choses qui sont de son service : il faut que l'esdavage soit pour l'utilité, et non pas pour la volupté. Les lois de la pudicité sont du droit naturel , et doivent être senties par toutes les nations du monde.
Que si la loi qui conserve la pudicité des esclaves est bonne dans les États où le pouvoir sans bornes se joue de tout, combien le sera-t-elle dans les mo-
> CestoeqoeTkdteditdesGermaiitt: QeleradomusoJOlda uxor ac Uberi exequuntur. (Ibid. g 25.) (P.)
* Yoyei Chardin, f^oyage de Pêne.
^LdSum, au ctiap. xxnr de TAlcoran, intitulé la Lutniire, dit expressément : « Traitez bien vos esclaves ; et si vous voyez en eux qodqoe mérite, partages aveo<«ax les richesses qae Dieu vous a données. Ne forcez pas vos femmes esclaves à se prostttuer à vous, etc. » A ConstanUnople, on punit de mort le maître qui a tué son esclave, à moins qull ne soit prouvé que scm esclave a levé la main sur lui Une femme esclave qui prouve gue son maître Ta violée est déclarée libre avec des dédommagements. (Volt.)
4 Voyez Chardin, tom. II , dans sa Deicription du marché d*Izagour.
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B£ L'ESPRIT DES LOIS
narchies? combien lesera-t-elledaiisleaÉtaUrépablicains?
I II y a une disposition de la loi > des Lombaids /qui paraît bonne pour tous lea gouvemementa : / « Si un mattre débauche la femme de son esclave, f « ceux-ci seront tous deux libres. » Tempérament I admirable pour prévenir et arrêter, sans trop de i rigueur, Tinoontinence des maîtres.
Je ne vois pas qu» le&lRomains aient eu , à cet égard, une bonne police. Ils lâchèrent la bride à rincontinence des maîtres ; ils privèrent même , en quelque Êiçon , leurs esclaves du droit des mariages. C'était la partie de la nation la plus vile; mais, quelque vile qu'elle fût, il était bon qu'elle eût des mœurs; et, de plus, en lui étant les mariages, on corrompait ceux des citoyens.