CHAPITRE XIT
Des esclaves armés.
U est moins dangereux dans la monardiie d?j mer les esclaves que dans les république. Là, peuple guerrier, un corps de noblesse, conti( dront assez ces esclaves armés. Dans la république < des hommes uniquement citoyens ne pourront guèi contenir des gens qui, ayant les armes à la mainj se trouveront égaux aux citoyens.
Les Goths, qui conquirent l'Espagne, se répan-^ dirent dans le pays, et bientôt se trouvèrent trèsfaibles. Us firent trois règlements considérables : ils abolirent l'ancienne coutume qui leur défendait de < s'allier par mariage avec les Romains ; ils établirent que tous les affî'anchis * du fisc iraient à la guerre, sous peine d'être réduits en servitude; ils ordonnèrent que chaque Goth mènerait à la guerre et armerait la dixième ^ partie de ses esclaves. Ce nombre était peu considérable, en comparaison de ceux qui restaient. De plus , ces esclaves , menés à la guerre par leur maître , ne faisaient pas un corpa séparé ; ils étaient dans l'armée et restaient pour ainsi dire dans la famille.