CHAPITRE n
Qoe, dans les pays da midi , il y a dans les deux sexes une inégalité natoreDe.
Les femmes sont nubiles, dans les climats chauds, , à huit, neuf et dix ans : ainsi Tenfance et le mariage y vontpresquetov^oursensemble >. Elles sont vieilles à vingt : la raison ne se trouve donc jamais chez elles avec la beauté «. Quand la beauté demande Temj pire , la raison le fait refuser ; quand la raison pour- \ rait l'obtenir, la beauté n'est plus. Les femmes dol- ' vent être dans la dépendance ; car la raison ne peut leur procurer dans leur vieillesse un empire que la beauté ne leur avait pas donné dans la jeunesse 1 même. Il est donc très-simple qu'un homme, lorsque la religion ne s'y oppose pas, quitte sa femme pour en prendre une autre, et que la polygamie s'introduise.
Dans les pays tempérés, où les agréments des femmes se conservent mieux , où elles sont plus tard nubiles, où elles ont des enfants dans un âge plus avancé, la vieillesse de leur mari suit en quelque façon la leur; et comme elles y ont plus de raison et de connaissances quand elles se marient, ne fût-ce que parce qu'elles ont plus longtemps vécu, il a dû naturellement s'introduire une espèce d'éga- I lité dans les deux sexes, et par conséquent la loi ' d'une seule femme.
> Mahomet épousa Cadhi^a à cinq ans *, ooacha avec elle à boit Dans les pays cliaads d*Arabte et des Indes, les filles y sont noblltt à hott ans , et aooooclient l'année d*après. (Pri- DEAUX, Fie de MahomeL) On volt des femmes, dans les royaumes d'Alger, enCanter à neuf, dix et onze ans. ÇLàXh Giaa DE TA8SI8, Histoire du royaume d'Alger, pag. ei.)
> Je Tiens de questionner des gens qui ont longtemps parcouru et habité l'Inde, et qui en arrivent L'âge de la nubi- Uté des flUes n'est qu'à onze ou douze ans ; celles qui ont de la beauté la conservent au delà de trente ans : ils en ont vu phisieurs faire à cet âge de grandes passions, et Us disent qull n'est pas rare d'y trouver des femmes Agées de soixantedix et quatre-vingts ans. Ce que Je dis re^irde les femmes riches, qui ont toutes leurs coDunodités, et qui ne sont point ol>Ug6es de s'exposer aux intempéries de l'air pour gagner leur vie; et Je conviendrai que dans le peuple les femmes paraissent vieiUes de bonne heure; mais c'est parce que le travaU, l'extrême chaleur et la mauvaise nourriture les épuisent promptement Dans nos pays, à beauté, santé, force et âge égal, une femme du monde conservera sa firaichenr au delà de quaranteans;unepaysannetravaiUantaux champs paraîtra, à vingt-cinq ans, en avoir cinquante, quoique mieux nourrie que les femmes idolâtres des Indes, qui ne mangent rien de ce qui a eu vie. (D.)
^ Cadhiidft ft^alt quarante tuu lorsque Mahomet l'éponfa ^ c'est Ayesha qn'U épousa , non à cinq ans , mais à six. (Voyes Pridosuz , f^iê de Mahomet t pag. ii et 63; Amstcrd. 1898 , in-8<>.)
Dans les pays froids, Tusage presque nécessaire des boissons fortes établit l'intempérance parmi les honunes. Les femmes, qui ont à cet égard une retenue naturelle, parce qu'elles ont toujours à se défendre, ont donc encore l'avantage de la raison sur eux.
La nature, qui a distingué les hommes par la force et par la raison, n'a mis à leur pouroir de terme que celui de cette force et de cette raison. Elle a donné aux femmes les agréments , et a voulu que leur ascendant finit avec ces agréments; mais dans les pays chauds, ils ne se trouvent que dans les eonunencements, et jamais dans le cours de leur vie.
Ainsi la loi qui ne permet qu'une femme se rapporte plus au physique du climat de FEurope qu'au physique du climat de l'Asie. Cest une des raisons qui a fait que le mahométisme a trouvé tant de facilité à s'établir en Asie, et tant de di£Scnlté h s'étendre en Europe; que le christianisme s'est maintenu en Europe, et a été détruit en Asie; et qu'enfin les mahométans font tant de progrès à la Chine, et les chrétiens si peu. Les raisons humaines sont toujours subordonnées à cette cause suprême, qui fait tout ce qu'elle veut, et se sert de tout ce qu'elle veut.
Quelques raisons particulières à Valentinien > lui firent permettre la polygamie dans l'empire. Cette loi violente pour nos climats fut âtée * par Théodose, Arcadius et Honorius.