‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 438 sur 975 · CHAPITRE Xni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xni

Des lois dvUes dies les peuples qui ne eoltivent point

kt terres.

C*est le partage des terres qui grossit prindpale-

iment le code civil. Chez les nations où Ton n*aura pas £ut ce partage , il y aura très-peu de lois civiles. On peut appeler les institutions de ces peuples des mceurs plutôt que des lois.

Chez de pareilles nations, les vieillards, qui se souviennent des choses passées , ont une grande autorité : on n'y peut être distingué par les biens, mais par la main et par les conseils.

Ces peuples errent et se dispersent dans les pâturages ou dans les forêts. Le mariage n*y sera pas aussi assuré que parmi nous , où il est fixé par la demeure, et où la femme tient à une maison : ils peuvent donc plus aisément changer de femmes , en avoir plusieurs , et quelquefois se mêler indififéremmcDt comme les bêtes.

Les peuples pasteurs ne peuvent se séparer de leurs troupeaux , qui font leur subsistance ; ils ne sauraient non plus se séparer de leurs femmes, qui en ont soin. Tout cela doit donc mardier ensemble ; d'autant plus que, vivant ordinairement dans de grandes plaines, où il y a peu de lieux forts d'assiette, leurs femmes, leurs enfents, leurs troupeaux, deviendraient la proie de leurs ennemis.

Leurs lois régleront le partage du butin, et auront, comme nos lois saliques, une attention particulière sur les vols.

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