‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 469 sur 975 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Des manières et des mceors dans FÉtat despotique.

Cest une maxime capitale qu'il ne faut jamais changer les mœurs et les manières dans l'État despotique : rien ne serait plus promptement suivi d'une révolution. Cest que, dans ces États, il n'y a point de lois, pour ainsi dire; il n'y a que des moeurs et des manières; et si vous renversez celât vous renversez tout.

I Liv. xirv.

* Par la nature du climat et du terrain. ' Le P. Duhalde , tom. II.

DE L*£SPRIT DES LOIS

I..es \o\s sont établies , les mœurs soot iospirées ; celles-ci tiennent plus à Fesprit général ; celles-là tiennent plus à une institution particulière : or, il est aussi dangereux , et plus , de renverser Tesprit général que de changer une institution particulière.

On se communique moins dans les pays où chacun, et comme supérieur, et comme inférieur, exerce et souf&e un pouvoir arbitraire, que dans ceux où la liberté règne dans toutes les conditions. On y change donc moins de manières et de mœurs; les manières plus fixes approchent plus des lois : ainsi il faut qu*un prince ou un législateur y choque moins les mœurs et les manières que dans aucun pays du monde.

^ Les femmes y sont ordinairement enfermées , et n'ont point de ton à donner. Dans les autres pays où elles vivent avec les hommes, Tenvie qu'elles ont de plaire, et le désir que Ton a de leur plaire aussi , font que Ton change continuellement de manières. Les deux sexes se gâtent , ils perdent Fun et Tautre leur qualité distinctive et essentielle; il se met un arbitraire dans ce qui était absolu, et les manières changent tous les jours.

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