CHAPITRE VU
Comment le prix des choses se fixe dans la variation des richesses de signe.
L'argent est le prix des nuurchandises ou denrées.
< Voyez cMessous le chap. xu.
* En supposant Targent à qoarante-neaf livres le marc , et le Gulyre à Yingt sons la Hvie.
^tÊHâtoirê de$ ffuentM dviUs dea EtpagnoU dont les Indes.
* On appelait ainsi le projet de M. Law en France.
Mais comment se fixera ce prix ? c'est-à-dire par quelle portion d'argent diaque chose sera-t-elle représentée?
Si l'on compare la masse de l'or et de l'argent qui est dans le monde avec la somme des marchandises qui y sont, il est certain que chaque denrée ou marchandise en particuliei'^ouiTa être comparée à une certaine portion de la masse entière de l'or et de l'argent. Conune le total de l'une est au total de l'autre , la partie de l'une sera à la partie de l'autre. Supposons qu'il n'y ait qu'une seule denrée ou marchandise dans le monde, ou qu'il n'y en ait qu'une seule qui s'adiète, et qu'elle se divise comme l'argent; cette partie de cette marchandise répondra à une partie de la masse de l'argent; la moitié du total de l'une, à la moitié du total de l'autre; la dixième, la centième, la millième de l'une, à la dixième, à la centième, à la millième de l'autre. Mais , conune ce qui forme la propriété parmi les hommes n'est pas tout à la fois dans le commerce, et que les métaux ou les monnaies, qui en sont les signes, n'y sont pas aussi dans le même temps, les prix se fixeront en raison composée du total des choses avec le total des signes, et de celle du total des choses qui sont dans le conunerce, avec le total des signes qui y sont aussi; et , comn^ les choses qui ne sont pas dans le commerce aujourd'hui peuvent y être demain, et que les signes qui n'y sont point aujourd'hui peuvent y rentrer tout de même, l'établissement du prix des choses dépend toujours fondamentalement de la raison du total des choses au total des signes.
Ainsi le prince ou le magistrat ne peuvent pas plus taxer la valeur des marchandises qu'établir, par une ordonnance, que le rapport d'un à dix est égal à celui d'un à vingt. Julien, ayant baissé les denrées à Antioche, y causa une afi&euse famine*.