‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 543 sur 975 · LIVRE XXII, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE XXII, CHAPITRE X

comparaison qu*il8 font de toutes les marchandises entré elles : pour lors , il n*y a point de monnaie particulière, mais chaque portion de marchandise est monnaie de Tautre.

Transportons pour un moment parmi nous cette manière d'évaluer les choses, et joignons-la avec la nôtre; toutes les marchandises et denrées du monde , ou bien toutes les marchandises ou denrées d'un État en particulier considéré comme séparé de tous les autres , vaudront un certain nombre de macutes ; et , divisant l'argent de cet Etat en autant de parties qu'il y a de macutes , une partie divisée de cet argent sera le signe d'une macute.

Si Ton suppose que la quantité de l'argent d'un État double, il faudra pour une macute le double de Targent; mais si, en doublant l'argent, vous doublez aussi les macutes, la proportion restera telle qu'elle était avant l'un et l'autre doublement.

Si depuis la découverte des Indes l'or et l'argent ont augmenté en Europe à raison d'un à vingt, le prix des denrées et marchandises aurait àû monter en raison d'un à vingt; mais si , d'un autre côté, le nombre des marchandises a augmenté comme un à deux , il fiaiudra que le prix de ces marchandises et denrées ait haussé d'un côté en raison d'un à vingt, et qu'U ait baissé en raison d'un à deux , et qu'il ne soit par conséquent qu'en raison d'un à dix.

La quantité des marchandises et denrées croît par une augmentation de commerce ; l'augmentation de commerce, par une augmentation d'argent qui arrive successivement, et par de nouvelles communications avec de nouvelles terres et de nouvelles mers, qui nous donnent de nouvelles denrées et de nouvelles marchandises.

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