CHAPITRE XVI
Du secours que l'État peut tirer des banquiers.
Les banquiers sont faits pour changer de l'argent', et non pas pour en prêter. Si le prince ne s'en sert que pour changer son argent, comme il ne fait que de grosses affaires, le moindre profit qu'il leur donne pour leurs remises devient un ob« jet considérable; et, si on lui demande de gros profits, il peut être sûr que c'est un dé&ut de l'administration. Quand , au contraire , ils sont employés à faire des avances, leur art consiste à se procurei^ de gros profits de leur argent , sans qu'on puisse les accuser d'usure.
* Les banquiers ne sont point faits pour changer de Fargent : ce sont les changeurs; et les foncUons de ces deux espèces d*hommes sont fort différentes. Le banquier est un négociant , un commerçant , un trafiquant en argent; U foit des Uaites et remises; U donne des lettres de change pour faire tenir de Targent de place en place par le moyen de ses correspondants : ces foncUons ne sont pas ceUes d*un changeur. Le changeur est étabU par le soUTerain : U change les espèces de monnaie ; il donne de Tor pour de Targent, de Targent pour de l'or; il retire du commerce les espèces légères, altérées et décriées ; il est obligé de les porter aux hôtels des monnaies. Ces fonctions ne sont pas celles d*un banquier. (D.)