CHAPITRE XXV
Continuatkm du mèiue si^et.
Il est vrai que l'Europea, depuis deux siècles, beaucoup augmenté sa navigation : cela lui a procuré des habitants , et hii en a fait perdre. La Hollande envoie tous les ans aux Indes un grand nombre de matelots, dont il ne revient que les deux tiers; le reste périt ou s'établit aux Indes : même chose doit à peu près arriver à toutes les autres nations qui font ce commerce.
Il ne faut point juger de l'Europe comme d'un État particulier qui y ferait seul une grande navigation. Cet État augmenterait de peuples, parce que toutes les nations voisines viendraient prendre part à cette navigation; il y arriverait des matelots de
« Histoire de VUnivert, chap. v, de la France. — Paffendorf va Josqa'à vlngt-neaf mflUoos; et il avait copié cette exagération d*un de nos auteurs qui se trompait d'environ quatorze à quinze millions. La France ne comptait point alors au nombre de ses provinces la Lorraine , l*Alsace, la Franche-Comté, la moitié de la Flandre, TArtois» le Cunbrésis, le RoussiUon, le Béam; et aqjourd'hui qu^elle possède tous ces pays, elle n'a pas vingt mUIlons d'habitants, suivant le dénombrement des feux fait en n&l. Cependant elle n'a jamais été si peuplée ; et cela est prouvé par la quanUté de terrains mis en valeur depuis Charlea IX. (Volt.)
tous côtés. L'Europe , séparée du reste du monde par la religion > , P^ ^^ vastes mers et par des déserts, ne se répare pas ainsi.