‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 590 sur 975 · LIVRE XXIII, CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXIII, CHAPITRE XXIX

Pour rétablir un État ainsi dépeuplé, on attendrait en Tain des secours des enfants^ qui pourraient naître. Il n'est plus temps ; les hommes , dans leurs déserts, sont sans courage et sans industrie. Avec des terres pour nourrir un peuple, on a à peine de quoi nourrir une famille. Le bas peuple, dans ces pays, n'a pas même de part à leur misère, c'est-à-dire aux friches dont ils sont remplis. Le clergé, le prince, les villes, les grands, quelques citoyens principaux, sont devenus insensiblement propriétaires de toute la contrée : elle est inculte; mais les feumilles détruites leur en ont laissé les pâtures , et l'homme de travail n'a rien.

Dans cette situation , il faudrait £dre dans toute l'étendue de l'empire ce que les Romains faisaient dans une partie du leur : pratiquer dans la disette des habitants ce qu'ils observaient dans l'abondance, distribuer des terres à toutes les familles qui n'ont rien , leur procurer les moyens de les défricher et de les cultiver. Cette distribution devrait se faire à mesure qu'il y aurait un homme pour la recevoir : de sorte qu'il n'y eût point de moment perdu pour le travail.

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