CHAPITRE XXni
Des fêtes.
Quand une religion ordonne la cessation du travail , elle doit avoir égard aux besoins des hommes, plus qu'à la grandeur de l'être qu'elle honore.
C'était à Athènes ' un grand inconvénient que le trop grand nombre de fêtes. Chez ce peuple dominateur, devant qui toutes les villes de la Grèce devaient porter leurs différends, on ne pouvait suffire aux affaires.
Lorsque Constantin établit que l'on chômerait le dimanche , il fit cette ordonnance pour les villes * , et non pour les peuples de la campagne : il sentait que dans les villes étaient les travaux utiles, et dans les campagnes les travaux nécessaires.
Par la même raison , dans les pays qui se mai tiennent par le commerce, le nombre des fêtes doi être relatif à ce commerce même. Les pays pro testants et les pays catholiques sont situés de ma nière que l'on a plus besoin de travail dans les pre miers que dans les seconds ^ : la suppression de fêtes convenait donc plus aux pays protestants qu'aux pays catholiques 4.
I XéNOPBOif , de la République d*Athène$, * Leg. 3, cod. de FerUe, Cette loi n'était faite sans doute que pour les païens.
3 Les cattioUques sont plus ▼«» le midi, et les protestants yers le nord.
4 Lorsque ITurope entière suivait la même religion, le nombre des fétesétait égal dans tous les royaumes. Les ouvriers anglais, hollandais, suédois, danois, allemands, suisses, demeuraient oislfo autant de Jours dans Tannée que les ouvriers français; et oomme les forces et les richesses ne sont grandes ou peUtes , fortes ou faibles que par comparaison , toute FEurope était au pair pour le temps qui s'employait à l'industrie et à la main-d'oBUvre , et les bénéfices qui en procèdent étaient par conséquent en égalité de proportion.
Bfais, depuis l'établissement de la religion protestante, cette égalité se trouve détruite, et la balance affaiblie de plus d'un septième à notre pn^udioe , attendu que cette religion permet dans l'année au moins cinquante jours de travail plus que la catholique; et oomme la marchandise doit supporter tous les frais de la matière et de rindustrie , elle supporte la subsistance de l'ouvrier pendant ces jours dlnacUon : d'où U suit que lorsque nous vendons une marchandise de nos fabriques pour un certain prix, les protestants, toutes choses égaies, peuvent la donner à beaucoup meilleur marché, avec profit égal pour l'ouvrier; en sorte qu'un commerçant qui a un avantage si considérable sur son concurrent doit nécessairement l'écraser à la longue.
Quelques évèques pensant sainement et informés que loislvete devenait une source de libertinage pendant ces fêtes, en ont supprimé quelquesmnes dans leurs diocèses ; mais ils sont demeurés encore bien loin de ce que l'uUUtô pubUque exigerait à cet égard. .4,1
Pendant que nos boutiques sont fermées, que les ateliers sont abandonnés , que le jeu ou le vin consomment le salaire de nos ouvriers , et souvent le nécessaire de leurs nombreiisea familles qui périssent de misère ; qu'ils se querellent, qu'ils se baUent , et que par leurs excès ils se mettent hors d'état do
Danlpîerre « remarque que les divertissements des peuples varient beaucoup selon les climats. Comme les climats chauds produisent quantité de fruits délicats, les barbares, qui trouvent d'abord le nécessaire, emploient plus de temps à se divertir. Les Indiens des pays froids n*ont pas tant de loisir; il faut qu'ils pédient et chassent continuellement : il y a donc chez eux moins de danses, de musique et de festins; et une religion qui s'éta- Mbraît chez ces peuples devrait avoir égard à cela dans rinttittttioa des £Ste8.