LIVRE XXX, CHAPITRE XXIV
tiplie les probabUités ; parce qu'une infinité de conjectures sont mises en principe, et qu'on en tire conune conséquences d'autres conjectures. Le lecteur oublie qu'il a douté, pour commencer à croire. Et, comme une érudition sans fin est placée, non pas dans le système, mais à côté du système, l'esprit est distrait par des accessoires , et ne s'occupe plus du principal. D'ailleurs, tant de recherches ne permettent pas d'imaginer qu'on n'ait rien trouvé : la longueur du voyage fait croire qu'on est enfin arrivé.
Mais, quand on examine bien, on trouve un colosse immense qui a des pieds d'argile; et c'est parce que les pieds sont d'argile que le colosse est immense. Si le système de M. l'abbé Dubos avait eu de bons fondements, il n'aurait pas été obligé de fiûre trois mortels volumes pour le prouver : il aurait tout trouvé dans son sujet; et, sans aller diereher de toutes parts ce qui en était très-loin , la raison elle-même se serait chargée de placer cette vérité dans la chaîne des autres vérités. L'histoire et nos lois lui auraient dit . « Ne prenez point « tant de peine : nous rendrons témoignage de