PRONONCÉ LE I** MAI
Le jour de la naissance d'Auguste , il naquit un laurier dans le palais, des brandies duquel ou couronnait ceux qui avaient mérité l'honneur do triomphe.
Il est né. Messieurs, des lauriers avec cette académie, et elle s'en sert pour faire des couronnes aux savants qui ont triomphé des savants. U n'est point de climat si reculé d'oi^ l'on ne brigue ses suffrages : dépositaire de la réputation, dispensatrice de la gloire , elle trouve du plaisir à consoler les philosophes de leurs veilles, et à les veiner, pour ainsi dire , de l'injustice de leur siècle e^ de la jalousie des petits esprits.
Les dieux de la Fable dispensaient difGérenunent leurs ÊBiveurs aux mortels : ils accordaient aoi âmes vulgaires une longue vie, des plaisirs, des richesses; les pluies et les rosées étaient les récompenses des enfants de la terre; mais aux âmes plos grandes et plus belles ils r^ervaient la gloire, comme le seul présent digne d'elles.
t Loeoi Ueêot , et amœna vireia
Fortunatarum nemvntm, eedeeque beatae *.
s Solemque$uum,eua9idera, normU**
3 Jium mare pacatwm, nnm ventuê amkhr e$êet' * Sapefit§am Danai Tn^ cufiere rtUeim Molm
* Vift«. jEnêid, VI, 637, 0^- •* IhUL 6il.
*** On». Mettm. XIH , 4*9.
••♦♦ Vi»a. iffjMicf. U, lOMOS*
DISCOURS ACADÉMIQUES
C^est pour cette gloire que tant de beaux génies ont travaillé, et c^est pour vaincre, et vaincre par Tesprit, cette partie de nous-mêmes la plus céleste et la plus divine.
Qu'un triomphe si personnel a de quoi flatter! On a vu de grands hommes, uniquement touchés des succès qu'ils devaient à leurs vertus, regarder comme étrangères toutes les feveurs de la fortune. On en a vu, tout couverts des lauriers de Mars, jaloux de ceux d'Apollon, disputer la gloire d'un poète et d*un orateur :
Tantasamcur laodiim 9 tantae est Victoria cur» M
Lorsque ce grand cardinal * à qui une illustre académie doit son institution, eut vu Tautorité royale affermie , les ennemis de la France consterna, et les sujets du roi rentrés dans Pobéissance, qui n'eût pensé que ce grand homme était content de lui-même? Non : pendant qu*il était au plus haut point de sa fortune, il y avait dans Paris, au fond d'un cabinet obscur, un rival secret de sa gloire; il trouva dans Corneille un nouveau rebelle qu'il ne put soumettre. C'était assez qu*il eût à soutenir la supériorité d'un autre génie; et il D*en fallut pas davantage pour lui faire perdre le goAt d'un grand ministère qui devait faire Fadmiration des siècles à venir.
Quelle doit donc être la satisfaction de celui qui , vainqueur de tous ses rivaux, se trouv-e aujôurdliui couronné par vos mains!
Le sujet proposé était plus difficile à traiter qu'il ne parait d^abord : c*est en vain qu'on prétendrait réussir dans l'explication de l'eeho, c'està-dire du son réfléchi, si l'on n'a une parfaite connaissance du son direct; c'est encore en vain que l'on irait chercher du secours chez les anciens , aussi malheureux sans doute dans leurs hypothèses que les poètes dans leurs fictions , qui attribuèrent TefTet de l'écho aux malheurs d'une nymphe causeuse, que Junon irritée changea en voix, pour avoir amusé sa jalousie, et, par la longueur de ses contes ( artifice de tous les temps ) , l'avoir empêchée de surprendre Jupiter dabs les bras de ses maîtresses.
Tous les philosophes conviennent généralement que la cause de l'écho doit être attribuée à la réflexion des sons, ou de cet air qui, frappé par le corps sonore, va ébranler l'organe de l'oûîe : mais s'ils conviennent en ce point, on peut dire qu'ils ne vont pas longtemps de compagnie, que les dé-
* VncGtfora. m,iis.
■drfESQUIEU.
5fit
tails gâtent tout, et qu'ils s'accordent bien moins dans les choses qu'ils entendent que dans celles qu'ils n'entendent pas.
Et premièrement, si, chercliant la nature du son direct, on leur demande de quelle manière l'air est poussé par le corps sonore, les uns diront que c'est par un mouvement d'ondulation, et ne manqueront pas d'alléguer Tanalogie de ces ondes avec celles qui sont produites dans l'eau par une pierre qu'on y jette; mais les autres, à qui cette comparaison paraît suspecte, commenceront dès ce moment à faire secte à part; et on les ferait plutêt renoncer au titre de philosophe que de leur faire passer l'existence de ces ondes dans un corps fluide tel que l'air, qui ne fait point, comme l'eau, une surface plane et étendue sur un fond; sans compter que , dans ce système , on devrait , disent-ils , entendre plusieurs fois le même coup de cloche, puisque la même impression forme plusieurs cercles et plusieurs ondulations.
Ils aiment donc mieux admettre des rayons directs qui vont, sans se détourner, de la bouche de celui qui parle à l'oreille de celui qui entend ; il suflit que l'air soit pressé par lé ressort du corps sonore, pour que cette action se communique.
Que si , considérant le son par rapport à la vitesse, on demande à tous ces philosophes pourquoi il va toujours également vite, soit qu'il soit grand, soit qu'il soit faible; et pourquoi un canon qui est à cent soixante et onze toises de nous , demeurant une seconde à se faire entendre, tout autre bruit , quelque faible qu'il soit, ne va pas moins vite; on trouveira le moyen de se faire respecter, et on les obligera, ou à avouer qu'ils en ignorent la raison, ou du nu>ins on les réduira à entrer dans de grands raisonnements, ce qui est prédsément la même chose.
Que si l'on entre plus avant en matière, et qu'on vienne à les interroger sur la cause de l'écho, le vulgaire répondra d'abord que la réflexion sufilt; et on verra d'un autre côté un seul homme qui répond qu'elle ne suffit pas. Peut-être goûtera-t-on ses raisons , surtout si on peut se dé&ife de ce préjugé : un contre tous.
Or, de ceux qui n'admettent que la réflexion seule, les uns disent que toutes soirtes de réflexions produisent des échos, et en admettront autant que de sons réfléchis. <« Les murailles d'une chambre, disent-ils, feraient entendre un écho, si elles n'étaient trop proches de nous, et ne nous envoyaient le son réfléchi dans le même instant que notre oreille est frappée par le son direct. » Selon eux, tout est
DISCOURS ACADÉMIQUES
rempli (PéchoB : Jovis omnia pkna <. Vous diriez qu«, comme Heraclite, ils admettent un concert et une harmonie dans l'univers, qu'une longue habitude nous déi'obe; d'autant mieux que la réflexion étant souvent dirigée vers des lieux différents de celui où se produit le son, parce qu'elle se fait toujours par un angle égal à celui d'incidence , il arrive souvent que l'édio ne rend point les sons à celui qui les envoie : cette nymphe ne répond pas toujours à celui qui lui parle; il y a des occasions où sa voix est méconnue de ceux mêmes qui Tentendent ; ce qui pourrait peut-être servir à fiiire cess^ bien du merveilleux , et à rendre raison de ces voix entendues en l'air, que Rome, cette ville des sept montagnes, mettait si souvent au nombre des prodiges '.
Mais les autres, qui ne croient pas la nature si libérale, veulent des lieux et des situations particulières; ce qui fait qu'ils varient infiniment et dans la disposition de ces lieux, et*dans la manière dont se font les réflexions à cet égard.
Avec tout ceci on n'est pas fort avancé dans la connaissance de la cause de l'écho. Mais enfin un philosophe est venu, qui, ayant étudié la nature dans sa simplicité, a été plus loin que les autres : les découvertes admirables de nos jours sur la dioptrlque et la catoptrique ont été comme le fil d'Ariadne, qui Fa conduit dans l'explication de ce phénomène des sons. Chose admirable! il y a une image des sons, comme il y a une image des objets aperçus : cette image est formée par la réunion des rayons sonores, comme dans l'optique l'image est formée par la réunion des rayons visuels. On jugera sans doute, par la lecture qui va se faire, que l'Académie n'a pu se refuser à couronner l'auteur ' de cette découverte , et qu'il mérite de jouir de ses suffrages, et de la libéralité du protecteur.
Cependant je ne puis passer ici une difficulté commune à tous les systèmes, et qui, dans la sa-
' YtECiTcl. m, 60.
' Fiti eUarn audire vocem ingerUem ex tummi cacuminù luco. (TiT. Uv. Hiit Ub. i, cap. xxxi.)
Spreta vom de ettio emma, (Ihid, Ub. v, eap. xxxu.)
Templo iotpUm Junonis n^cte ingentâm strepiium exortum. (Ibiâ. 1U>. XXXI , cap. xu. )
SUenlio proximm noctm ex $^(9a Ania ingentem ediiam vocem. {Ibid, Ub. n, cap. vu.)
Çaatiifqae flwr— tor Aadltf , taaetti et ?erlNi mioAcif IneU.
(OvtD. Metam. sw, 79S.)
* L*abbé Jean de HauteffeoUle, Dé à Orléans le so mars 1647, mort en cette Tille le 18 octobre i7S4.L*<HivrageooarooDé par rÀcadémie de Bordeaux a été publié loaa ce titre : DiaeertatioHêur la came de l'écho, etc. Bordeaux, R. Brun, 1716, iD>i3 de 4 feuillets non chiflirés en 41 pages
Usfoction où nous étions d'avoir oontribué à n« quelque jour à un endroit des plus obaconde la physique, n'a pas laissé que de nous hûmi&r. On comprend aisément que Fairqui adéjà produit uo son, rencontrant im rocher un peu éloigné, est réfléchi vers celui qui parle , et reproduit un nouveau son , ou un écho ; mais d'où vient que Fécho répète précisément la même parole, et du mtoeton qu'cHe a été prononcée? comment n'est-il pas tant^ phn aigu, tantôt plus grave ? comment la sar&ee raboteuse des rochers , ou autres corps léfléc^nnants, ne change-t-elle rien au mouvement que Fair a d^ reçu pour produire le son dbreet? Je sens la ifificulté, et plus encore mon impuissance de la résoudre.
DISCOURS
sua
L'USAGE DES GLAIWES RÉNALES ,
raOKORCÉ LB 26 àOVT I7IS.
On a dit ingénieusement que les recherches anatomiques sont une hymne merveilleuse à la Icoange du Créateur. Cest en vain que le libertin voudrait révoquer en doute une divinité qu'il craint : il est lui-même la plus forte preuve de son existenee; il ne peut faire la moindre attention sur son Individu , qtii ne soit un argument qui Tafilige. Hœret lateri ieihaUi arundo*.
La plupart des choses ne paraissent extraoïdinahres que parce qu'elles ne sont point commes ; le merveilleux tombe presque toujours à mesure qu^ou s'en approche; on a pitié de soi-même; on a honte d'avoir admiré. Il n'en est pas de même du coifs humain : le philosophe s'étonne, et trouve rimmense grandeur de Dieu dans l'action d'un muscle , eomme dans le débrouillement du chaos.
Lorsqu'on étudie le corps humain , et qu'on as rend familières les lois immuables qui s'ohsenreBt dans ce petit empire ; quand on considère ce Dombre infini de parties qui travaillent toutes pour le bien commun, ces esprits animaux si impérieux et si obéissants, ces mouvements si soumis et quelqoefoû si libres, cette volonté qui conunande en reine et obât
en esclave, ces périodes si renées, c^te si simple dans son action et si composée
» Vmc. dineid, iv, 74.
IHSCOURS ACADÉMIQUES.
MMorts, cette réparation coatinueUe de force et de vie, ce menreilleiix de la reproduction et de hi génération , toujours de nouveaux secours à de nouveaux besoins : quelles grandes idées de sagesse el d*économie !
Dans ce nombre prodigieux de parties, de veines, d*artères, de vaisseaux lymphatiques, de cartilages, de tendons, de muades, de glandes, •on ne saurait croire qu*il y ait rien d'inutile; tout concourt pour le bien du siyet animé; et s'il y a quelque partie dont nous ignorions l'usage, nous devons avec une noble inquiétude chercher à le découvrir.
C'est ce qui avait porté l'Académie à choisir pour siyet Tusage des glandes rénales ou capsules atra* bilaireB , ^ à encourager les savants à travailler sUr une matière qui, malgré les recherches de tant d'auteurs, était encore toute neuve, et semblait avoir été jusqu'ici plutôt l'objet de leur désespoir que de leurs connaissances.
Je ne ferai point id une description exacte de ces gltaiides, à moins de dire ce que tant d'auteurs ont dé}à dit : tout le monde sait qu'elles sont placées un peu au-dessus des reins, entre les émulgentes et les troncs de la veine cave et de la grande artère. Si l'on veut voir des gens bien peu d'accord , on n'a qu'à lire les auteurs qui ont traité de leur usage; elles ont produit une diversité d'opinions qm' est un argument presque certain de leur fausseté : dans cette confusion diacun avait sa langue, et l'ouvrage resta Imparfait.
Les premiers qui en ont parlé les ont faites d'une condition bien subalterne; et, sans leur vouloir permettre aucun rôle dans l'économie animale, ils •nt cruqu'elles ne servaient qu'à appuyer clifférentes parties circonvoisines : les uns ont pensé qu'elles avaient été mises là pour soutenir le ventricule, qui aurait trop porté sur les émulgentes; d'autres, pour affermir le plexus nerveux qui les touche : préjugés échappés des anciens, qui ignoraient l'usage des glandes.
Car si elles ne servaient qu'à cet usage, à quoi bon cette structure admirable dont elles sont formées: ne suffirait-ll pas qu'elles fussent conune une espèce demasse informe, RwUsMUgestaquemoies^ ? Serait-ce conmie dans l'architecture, où l'art enrichît les pilastres mêmes et les colonnes ?
GaqiMurd Bartholin est le premier qui, leur ôtant une fonction si basse , les a renduesjplus dignes de fattention des savants. H croit qu'une humeur, qu'il appelle atrabUe, est conservée dans leurs cavités :
* Ovm. Metam, k 7.
pensée afiHgeante, qui met dans nous-mêmes un principe de mâancolie, et semble faire des chagrins et de la tristesse une maladie habituelle de l'homme. Il croit qu'il y a une communication de ces capsules aux reins, auxquels cette humeur atrabilaire sert pour le délayement des urines. Mais, comme il ne montra pas cette communication , on ne Ten crut point sur sa parole : on jugea qu'il ne suffisait pas d'en démontrer l'utilité, il fallait ea prouver l'existence; et que ce n'était pas assez de l'annoncer, il fellait encore la faire voir. Il eut un 61s illustre qui, travaillant pour la gloire de sa famille, voulut soutenir un système que son père avait plutôt jeté qu'établi, et, le regardant comme son héritage, il s'attacha à le réparer. Il crut que le sang, sortant des capsules, était conduit par la veine émulgente dans les reins. Mais comme il sort des reins par la même veine, il y a là deux mouvements contraires qui s'entr'empéchent. Bartholin, pressé par la difficulté, soutenait que le mouvement du sang venant des reins, pouvait être facilement surmonté par cette humeur noire et grossfêre qui coule des capsules. Ces hypothèses, et bien d'autres semblables, ne peuvent être tirées que des tristes débris de l'antiquité, et la saine physique ne les avoue plus.
Un certain Petrucc4o semblait avoir aplani toute la difficulté : il dit avoir trouvé des valvules dans la veine des capsules , qui bouchent le passage de la glande dans la veine cave , et souvent du côté de la glande; de manière que la veine doit faire la fonction de l'artère, et l'artère, faisant celle de la veine, porte le sang par l'artère émulgente dans les reins. Il ne manquait à cette belle découverte qu'un peu de vérité : lltalien vit tout seul ces valvules singulières; mille corps aussitôt disséqués furent autant de témoins de son imposture : aussi ne jouit-il pas longtemps des applaudissements, et il ne lui resta pas une seule plume. Aprèis cette chute, la cause des Bartholin parut plus désespérée que jamais : ainsi , les laissant à l'écart , je vais chercher quelques autres hypothèses.
Les uns ' prétendirent que ces capsules ne pouvaient avoir d'autre usage que de recevoir les humidités qui suintent des grands vaisseaux qui sont autour d'elles; d'autres, que l'humeur qu'on y trouve était la même que le suc lacté qui se distribue par les glandes du mésentère ; d'autres, qu'il se formait dans ces capsoles un suc bilieux , qui, étant porté dans le cœur, et se mêlant avec l'acide qui s'y trouve, excite la fermentation, principe du mouvement du coçur.
' SpigellHis et 86$ disdplos.
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DISCOURS ACABÉMXQUiS.
VoHà ce qu*on avait pensé sur les glandes rénales, lorsque rAcadémie publia son programme : le mot fut donné partout, la curiosité fut irritée. Les savants, sortis d'une espèce de léthargie, voulurent tenter encore; et, prenant tantôt des routes nouvelles , tantôt suivant les anciennes , ils cherchèrent la vérité peut-être avec plus d'ardeur que d*espérance. Plusieurs d*entre eux n'ont eu d'autre mérite que celui d'avoir senti une noble émulation; d'autres, plus féconds, n'ont pas été plus heureux : mais ces efforts impuissants sont plutôt une preuve de l'obscurité de la matière, que de (a stérilité de ceux qui l'ont traitée.
Je ne parlerai point de ceux dont les dissertations arrivées trop tard n'ont pu entrer en concours : l^Académie, qui leur avait imposé des lois, qui se les était imposées à elle-même , n'a pas cru devoir les violer. Quand ces ouvrages seraient meilleurs, ce ne serait pas la première fois que la forme, toujours inflexible et sévère, aurait prévalu sur le mérite du fond.
Nous avons trouvé un auteur qui admet deux espèces de bile : l'une, grossière, qui se sépare dans le foie; l'autre ^ plus subtile, qui se sépare dans les reins, avec l'aide du ferment qui coule des capsules par des conduites que nous ignorons, et que nous sommes mêmes menacés d'ignorer toujours. Mais comme l'Académie veut être éclaircie et non pas découragée, elle ne s'arrête point à ce système.
Un autre a cru que ces glandes servaient à filtrer cette lymphe épaissie ou cette graisse qui est autour des reins, pour être enstnte versée dans le sang.
Un autre nous décrit deux petits canaut qui portent les liqueurs de la cavité de la capsule dans la veine qui lui est propre : cette humeur, que bien des expériences font juger alkaline, sert, selon lui, è donner de la fluidité au sang qui revient des reins, après s'être séparéde la sérosité qui compose l'urine. Cet auteur n'a que de trop bons garants de ce qu'il avance : Silvius , Manget , et d'autres , avaient eu cette opinion avant lui. L'Académie, qui ne saurait souffrir les doubles emplois , qui veut toujours du nouveau, qui, comme un avare, par l'avidité d'acquérir toujoursde nouvelles richesses, semble compter pour rien celles qui sont déjà acquises, n'a point couronné ce système.
Un autre, qui a asse2 heureusement donné la différence qu'il y a entre les glandes conglobées et les conglomérées, a mis oelles-d au rang des conglobées : il croît qu'elles ne sont qu'une continuité de vaisseaux, dans lesquels, comme dans des filières, le
sang se subtilise; c'est un peloton formépar lesn« meaux de deux vaisseaux lymphatiques, l'oodéfénnt, et l'autre refirent : il juge que c'est le déférait qui porte la liqueur, et non pas Fartère, parce qo'fl P» vu beaucoup plus gros ; cette liqueur est reprise par le réfèrent , qui la porte au canal thorachiqae, et la rend à la circulation générale. Dans ces glandes, et dans toutes les conglobées. Il n'y a point de canal excrétoire; car il ne s'agit pas ici de séparer des liqueurs , mais seulement de les subtiliser.
Ce système , par une apparence de vrai qai séAnt d'abord, a atUré l'attention de la compagnie; maisO n'a pu la soutenir. Quelques membres ont proposé des objections si fortes, qulls ont détruit roorrage, et n'y ont pas laissé pierre sur pierre : fen nppo^ terai ici quelques-unes ; et quant aux autres , je laii' serai à ceux qui me font l'honneur de m'entendie, le plaisir de les trouver eux-mêmes.
U y a dans les capsules une cavité; mais, bia loin de servir à subtiliser la liqueur, elle est au eo»traire très-propre àrépaissir et à en retarder lemoovement. Il y a dans ces cavités un sang noirâtre et épais; ce n'est donc point de la lymphe ni une li« queur subtilisée. Il y a d'ailleurs de très-grands embarras à feire passer la liqueur du déférent dans la cavité, et delà cavité dans le réfèrent. De dire i{W cette cavité est une espèce de coeur qui sert à aire fermenter la liqueur, et la fouetter dans le faisseao réfèrent, cela est avancé sans preuve, et on n'ajamaii remarqué de battement dans ces parties plos qus dans les reins.
On voit par tout ceci que TAcadânie n'aarapis la satisfaction de donner son prix cette année, et que ce jour n'est point pour elle aussi soleonei qu'elle l'avait espéré : par les expériences c* !«• dissections qu'elle a fait fiaire sous ses yeux, elles connu la difficulté dans toute son étendue, et elle s appris à ne point s'étonner de voir que son obp n'ait pas été rempli. Le hasard fera peut-être quelque jour ce que tous ses soins n'ont pu feire ». Ceux qui font profession de chercher la rérité ne sont pas moins sujets que les autres aax capricesde la fortune : peut-être ce qui a coâté aujoardlmitial de sueurs mutiles ne tiendra pas contre les preoir res réflexions d'un auteur plus heureux. Arehiaoède
* I^aoAtomistesDecoDiialBsentpasiiiieaxMdoi^dl^ da temps de Montesquieu les usages des glandes '^'^'b, faut probablement des recherches plus fréquent» wr fœtus de divers âges pour en développer la >^>^>^^^ peut remarquer sans admiration que, si M^DteiqnW JJJT adonné à Tétudede Panatomie, U auraitfait&ireàoette^ des progrès aussi seiisU>les peut-être que œux Q^j?" ^ir ses pas dans les sdenees morales. (NoU tU M. P^rta^t cin.)
DISCOURS ACADÉMIQUES
tromra, dans les délices d'un bain, le fameux problème que ses longues méditations avaient mille fois manqué. La vérité semble quelquefois courir audevant de celui qui la cherche; souvent il n*y a point d'intervalle entre le désir, Fespoir, et la jouissance. Les poètes nous disent que Pallas sortit sans douleur de la tête de Jupiter, pour nous &ire senthr sans doute que les productions de Tesprit ne sont pas toutes lid)orieuses.