‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 1062 sur 1093 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

GARIRALDE.

Quelle confusion! et quelle tyrannie ÎM'ordonne d'espérer ce qu'elle me dénie! Et de quelle façon est-ce écouter des vœux , Qu'obliger un amant à travailler contre eux? Simple ! ne prétends pas , sur cet espoir frivole , Que je tâche à te rendre un cœur que je te vole. Je t'aime, mais enfin je m'aime plus que toi. C'est moi seul qui le porte à ce manque de foi ; Auprès d'un autre objet c'est moi seul qui l'engage : Je ne détruirai pas moi-même mon ouvrage. Il m'a choisi pour toi , de peur qu'un autre époux Avec trop de chaleur n'embrasse ton courroux ; INIais lui-même il se trompeen l'amant qu'il le (loiino. .Te t'aime, et puissamment, mais moins que la çou- Et mon ambition , qui tâche à te gagner, [ ronne ; Ne cherche en ton hymen que le droit de régner. De tes ressentiments s'il faut que je l'obtienne, Je saurai joindre encor cent haines à la tienne. L'ériger en tyran par mes propres conseils. De sa perte par lui dresser les appareils , Mêler si bien l'adresse avec un peu d'audace ,

cso

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