SCÈNE If
GRIMOALD, ÉDUIGE, UNULPHE.
GRIMOALD
Que voulez-vous enfin , madame , que j'espère? Qu'ordonnez-vous de moi ?
ÉDUIGE.
Que fais-tu de mon frère ^^ Qu'ordonnes-tu de lui ? prononce ton arrêt.
GRIMOALD
Toujours d'un imposteur prendrez-vous l'intérêt ?
ÉDUIGE.
Veux-tu suivre toujours le conseil tyrannique D'un traître qui te livre à la haine publique ?
GRIMOALD
Qu'en faveur de ce fourbe à tort vous m'accusez ! Je vous offre sa cràce , et vous la refusez !
ÉDUIGE.
Cette offre est un supplice aux princes qu'on opprime , Il ne faut point de grâce à qui se voit sans crime : Et tes yeux , malgré toi , ne te font que trop voir Que c'est à lui d'en faire , et non d'en recevoir.
Ne t'obstine donc plus à t'aveugler toi-même : Sois tel que je t'aimais, si tu veux que je t'aime; Sois tel que tu parus quand tu conquis Milan : J'aime encor son vainqueur, mais non pas son tyran. Rends-toi cette vertu pleine, haute , sincère. Qui t'affermit si bien au trône de mon frère; Rends-luidumoinsson nom, situmerendstoncocur. Qui peut feindre pour lui peut feindre pour la sœur ; Et tu ne vois en moi qu'une amante incrédule Quand je vois qu'avec lui ton âme dissimule. Quitte , quitte en vrai roi les vertus des tyrans , Et ne me cache plus un cœur que tu me rends.
GRIMOALD
Lisez-y donc vous-même ; il est à vous , madame ; Vous en voyez le trouble aussi bien que la flamme. Sans plus me demander ce que vous connaissez . De grâce, croyez-en tout ce que vous pense/. C'est redoubler ensemble et mes maux et ma honte Que de forcer ma bouche à vous en rendre cojnpte.