SCÈNE III
PIIILISTE, ALCIDON.
PHILISTE
Je t'y prends, rêveur.
ALCIDON
Oui , par derrière , C'est d'ordinaire ainsi que les traîtres en font.
PHILISTE
Je le vois accablé d'un chagrin si profond , Que j'excuse aisément la réponse un peu crue. Mais que fais-tu si triste au milieu d'une rue? Quelque penser fâcheux te servait d'entretien ?
ALCIDON
Je rêvais que le monde en l'ame ne vaut rien , l)umoinspourlaplupart;quelesièfIe()ùnoussommes A bien dissimuler met la vertu des hommes; Qu'à peine quatre mots se peuvent éch;i|)ptr Sans quelque double sens alin de nous trouq)er ; F,l que souvent de bouche un dessein se propose. Cependant que l'esprit songe à toute autre chose.
PHILISTE
Kl cela l'affligeait? Laissons courir le temps, Kt, malgré ses abus, vivons toujours contents. Le monde est un chaos , et son clé.sordrc excède 'l'ont ce (|u'on y voudrait apporter de remède. [N'ayons l'œil , cher ami , que sur nos actions ; Aussi lii»n , s'offenser de ses corruptions,