LA GALERIE DU PALAIS, ACTE II, SCÈNE VIII
Ainsi , quoi quil en soit , j'aurai ce que je veux ;
Il me rendra constante , ou me fera volage :
S'il m'aime , il me retient ; s'il change , il me dégage.
Suivant ce qu'il aura d'amour ou de froideur,
Je suivrai ma nouvelle ou ma première ardeur.
HIPPOLYTE
En vain tu t'y résous : ton âme , un peu contrainte , Au travers de tes yeux lui trahira ta feinte. L'un d'eux dédira l'autre , et toujours un souris Lui fera voir assez combien tu le chéris.
CÉLIDÉE.
Ce n'est qu'un faux soupçon qui te le persuade ; J'armerai de rigueurs jusqu'à la moindre œillade, Et réglerai si bien toutes mes actions, Qu'il ne pourra juger de mes intentions.
HIPPOLYTE
Pour îe moins aussitôt que par cette conduite Tu seras de son cœur suflisannnent instruite , S'il demeure constant, l'amour et la pitié, Avant que dire adieu , renoûront l'amitié.
CÉLIDÉE.
II va bientôt venir. Va-t'en , et sois certaine
De ne voir d'aujourd'hui Lysandre hors de peine.
HIPPOLYTE
Et demain?
CÉLIDÉE.
Je t'irai conter ses mouvements , Et touchant l'avenir prendre tes sentiments. O dieux ! si je pouvais changer sans infamie !
HIPPOLYTE
Adieu. N'épargne en rien ta plus fidèle amie.