SCÈNE m
DORIMANT, CÉLIDÉE.
GÉLIDÉE.
Après cette retraite et ce morne silence, Pouvez-vous bien encor demeurer en balance ?
DORIMANT.
Je n'en ai que trop vu, mes yeux m'en ont trop dit : Aronte, en me parlant, était tout interdit. Et sa confusion portait sur son visage Assez et trop de jour pour lire son message. Traître , traître Lysandre , est-ce là donc le fruit Qu'en faveur de mes feux ton amitié produit?
CÉLIDÉE.
Connaissez tout à fait l'humeur de l'infidèle. Votre amour seulement la lui fait trouver belle : Cet objet, tout aimable et tout parfait qu'il est , N'a des charmes pour lui que depuis qu'il vous plaît; Et votre affection, de la sienne suivie. Montre que c'est par là qu'il en a pris envie , Qu'il veut moins l'acquérir que vous le dérober.
DORIMANT, montrant soncpée.
Voici, dans ce larcin, qui le fuit succomber.