‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 205 sur 1093 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

DORIMANT, CÉLIDÉE.

GÉLIDÉE.

Après cette retraite et ce morne silence, Pouvez-vous bien encor demeurer en balance ?

DORIMANT.

Je n'en ai que trop vu, mes yeux m'en ont trop dit : Aronte, en me parlant, était tout interdit. Et sa confusion portait sur son visage Assez et trop de jour pour lire son message. Traître , traître Lysandre , est-ce là donc le fruit Qu'en faveur de mes feux ton amitié produit?

CÉLIDÉE.

Connaissez tout à fait l'humeur de l'infidèle. Votre amour seulement la lui fait trouver belle : Cet objet, tout aimable et tout parfait qu'il est , N'a des charmes pour lui que depuis qu'il vous plaît; Et votre affection, de la sienne suivie. Montre que c'est par là qu'il en a pris envie , Qu'il veut moins l'acquérir que vous le dérober.

DORIMANT, montrant soncpée.

Voici, dans ce larcin, qui le fuit succomber.

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