LETTRE .SUPPOSÉE DE MÉLITE A PHILANDRE
« Malgré le devoir et la bienséance du sexe , celle- « ci m'échappe en faveur de vos mérites , pour vous « apprendre que c'est Mélite qui vous écrit, et qui c vous aime. Si elle est assez heureuse pour recevoir « de vous une réciproque affection, contentez-vous « de cet entretien par lettres , jusqu'à ce qu'elle ait
* ôté de l'esprit de sa mère quelques personnes qui
• n'y sont que trop bien pour son contentement. » iv^ksi^ ., feignant d'avoir lu la lettre par-dessus son
épaule.
C'est donc la vérité que la belle Mélite Fait du brave Philandre une louable élite , Et qu'il obtient ainsi de sa seule vertu Ce qu'Éraste et Tircis ont en vain débattu ? Vraiment dans un tel choix mon regret diminue -, Outre qu'une froideur depuis peu survenue , De tant de vœux perdus ayant su me lasser, ^'attendait qu'un prétexte à m'en débarrasser.
Me dis-tu que Tircis brûle pour cette belle?
ÉRASTE
Il en meurt.
PHILANDRE
Ce courage à l'amour si rebelle.'
ÉRASTE
Lui-même.
PHILANDRE
Si ton cœur ne tient plus qu'à demi ,