AM A HANTE
Plus que de tous les vœux qu'on me pourrait olïrir.
FLORAME
Vous plaisez-vous à ceux d'une âme si contrainte, Qu'une vieille amitié retient toujours en crainte?
AMARANTE
Vous n'êtes pas encore au point où je vous veux : Kt toute amitié meurt où naissent de vrais feux.
FLORAME
De vrai, contre ses droits mon esprit se rebelle ' : Mais feriez-vous état d'un amant infidèle?
' licbcllcr v.il.iil liicii nrul/ir. Oppiulanll'usaf;'', <|i'' '"ine in.scnKiiilciiicnl la l;iii!;iie nolil); et |)oéti<|iie, a njelé l'un et roiisi rvt' l'autre. (Majim )
LA SUIVANTE, ACTE I, SCÈxNE VII.
AMABANTE.
Je ne prendrai jamais pour un manque de foi D'oublier un ami pour se donner à moi.
FLORAME
Encor si je pouvais former quelque espérance De vous voir favorable à ma persévérance , Que vous pussiez m'aimer après tant de tourment , Et d'un mauvais ami faire un heureux amant! Mais , hélas ! je vous sers , je vis sous votre empire , Et je ne puis prétendre oii mon désir aspire. Théante ! ( ah , nom fatal pour me combler d'ennui ! ) Vous demandez mon cœur, et le vôtre est à lui ! Souffrez qu'en autre lieu j'adresse mes services , Que du manque d'espoir j'évite les supplices. Qui ne peut rien prétendre a droit d'abandonner.
AMARANTE
S'il ne tient qu'à l'espoir, je vous en veux donner. Apprenez que chez moi c'est un faible avantage De m'avoir de ses vœux le premier fait hommage : Le mérite y fait tout ; et tel plaît à mes yeux , Que je négligerais près de qui vaudrait mieux. Lui seul de mes amants règle la différence , Sans que le temps leur donne aucune préférence ,
FLORAME
Vous ne flattez mes sens que pour m'embarrasser.
AMARANTE
Peut-être ; mais enfin il faut le confesser,
Vous vous trouveriez mieux auprès de ma maîtresse.
FLORAME
Ne pensez pas...
AMARANTE
Non, non, c'est ià ce qui vous presse. Allons dans le jardin ensemble la chercher.
( à -part. ) Que j'ai su dextrement à ses yeux la cacher.