‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 267 sur 1093 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

AMARANTE

Ai -je bien entendu ? Sa belle humeur se joue , Et par plaisir soi-même elle se désavoue. Son père la maltraite , et consent à ses vœux ! Ai-je nommé Florame en parlant de ses feux? Florame, Clarimond, ces deux noms, ce me semble, i'our être confondus , n'ont rien qui se resseml)le. Le moyen que jamais on entendît si mal Que l'un de ces amants fût pris pour son rival ? Je ne sais oii j'en suis, et toutefois j'espère; Sous ces obscurités je soupçonne un mystère , Et mon esprit confus , à force de douter, Bien qu'il n'ose rien croire , ose encor se flatter.

Qu'en l'attente de ce qu'on aime

Une heure est fâcheuse à passer !

Qu'elle ennuie une amour extrême Dont la joie est réduite aux douceurs d'y penser !

Le mien, qui fuit la défiance ,

La trouve trop longue à venir.

Et s'accuse d'impatience , Plutôt que mon amant de peu de souvenir.

Ainsi moi-même je m'abuse.

De crainte d'un plus grand ennui , Et je ne cherche plus de ruse Qu'à m'ôter tout sujet de me plaindre de lui.

Aussi bien, malgré ma colère.

Je brûlerais de m'apaiser.

Et sa peine la plus sévère Ne serait tout au plus qu'un mot pour l'excuser.

Je dois rougir de ma faiblesse;

C'est être trop bonne en effet.

Daphnis, fais un peu la maîtresse , Et souviens-toi du moins...

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