‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 324 sur 1093 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ANGÉLIQUE

Dure condition de mon malheur extrême !

Si j'aime, on me trahit; je trahis , si l'on m'aime.

Qu'accuserai-je ici d'Alidor ou de moi.''

ISous manquons l'un et l'autre également de foi.

Si j'ose l'appeler lâche, traître, parjure.

Ma rougeur aussitôt prendra part à l'injure;

Et les mêmes couleurs qui peindront ses forfaits

Des miens en même temps exprimeront les traits.

Mais quel aveuglement nos deux crimes égale.

Puisque c'est pour lui seul que je suis déloyale.^

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