‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 327 sur 1093 · ALIDOR, CLÉANDRE, PHYLIS · texte numérisé non relu

ALIDOR, CLÉANDRE, PHYLIS

ALIDOR

Cléandre a-t-il enfin ce que son cœur désire ? Et ses amours , changés par un heureux hasard , De celui de Pin lis ont-ils pris quelque part ?

CLÉANDRE

Cette nuit tu l'as vue en un mépris extrême , Et maintenant , ami , c'est encore elle-même : Son orgueil se redouble étant en liberté, Et devient plus hardi , d'agir en sûreté, .l'espère toutefois , à quelque point qu'il monte, Qu'à la fin...

PHYLIS

Cependant que vous lui rendrez compte , Je vais voir mes parents , que ce coup de malheur A mon occasion accable de douleur.

Je n'ai tardé que trop à les tirer de peine.

ALIDOR, retenant Cléandre qui la veut suivre. Est-ce donc tout de bon qu'elle t'est inhumaine ?

il la faut suivre. Adieu. Je te puis assurer Que je n'ai pas sujet de me désespérer. 'V^a voir ton Angélique , et la compte pour tienne , Si tu la vois d'humeur qui ressemble à la sienne.

ALIDOR

Tu me la rends enfin ?

CLÉANDRE

Doraste tient sa foi :

Tu possèdes son cœur; qu'aurait-elle pour moi.? Quelques charmants appas qui soient sur son visage , Je n'y saurais avoir qu'un fort mauvais partage : Peut-être croirait-elle qu'il lui serait permis De ne me rien garder, ne m'ayant rien promis ; Il vaut mieux que ma flamme à son tour le la cède. Wais , derechef, adieu.

Page 1