ÉRASTE, PHILANDRE
ÉBASTE.
Détacher Ixion pour me mettre en sa place , Mégères , c'est à vous une indiscrète audace. Ai-je , avec même front que cet ambitieux , Attenté sur le lit du monarque des cieux? Vous travaillez en vain , barbares Euménidcs : Non , ce n'est pas ainsi qu'on punit les perfides. Quoi ! me presser encor ? Sus , de pieds et de mains Essayons d'écarter ces monstres inhumains. A mon secours , esprits! vengez-vous de vos peines! Écrasons leurs serpents! chargeons-les de vos chaînes! Pour ces filles d'enfer nous sommes trop puissants.
PHILANDRE
Il semble à ce discours qu'il ait perdu le sens.
Éraste, cher ami, quelle mélancolie
Te met dans le cerveau cet excès de folie ?
ÉEASTE-
Équitable Minos , grand juge des enfers , Voyez.qu injustement on m'apprête des fers! Faire un tour d'amoureux , supposer une lettre , Ce n'est pas un forfait qu'on ne puisse remettre. Il est vrai que Tircis en est mort de douleur, Que Mélite après lui redouble ce malheur, Que Chloris sans amant ne sait à qui s'en prendre : IMais la faute n'en est qu'au crédule Philanare ; Lui seul en est la cause, et son esprit léger, Qui trop facilement résolut de changer ; Car ces lettres , qu'il croit l'effet de ses mérites , I,a main que vous voyez les a toutes écrites.