‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 65 sur 1093 · CALISTE, DORISE · texte numérisé non relu

CALISTE, DORISE

CALisris., cependant que Dorise s'arrête à chercher

derrière un buisson.

Ma sœur, l'heure s'avance, et nous serons à peine, Si nous ne retournons , au lever de la reine. Je ne vois point mon traître, Ilippolyte non plus. uouisE , tirant une épée de derrière ce buisson , et saisissant Caliste par le bras.

Voici qui va trancher tes soucis superflus ; Voici dont je vais rendre, aux dépens de ta vie , Et ma flanune vengée , et ma haine assouvie.

CALISTE

Tout beau, tout beau, ma sœur, lu veux m'éiiou vauler j

Mais je te connais trop pour m'en inquiéter. Laisse la feinte à part , et mettons , je te prie , A les trouver bientôt toute notre industrie.

DORISE

Va , va , ne songe plus à leurs fausses amours , Dont le récit n'était qu'une embûche à tes jours. Kosidor t'est fidèle , et cette feinte amante Brûle aussi peu pour lui que je fais pour Pymante.

CALISTE

Déloyale ! ainsi donc ton courage inhumain...

DORISE

Ces injures en l'air n'arrêtent point ma main.

CALISTE

Le reproche honteux d'une action si noire...

DORISE

Qui se venge en secret , en secret en fait gloire.

CALISTE

T'ai-je donc pu , ma sœur, déplaire en quelque point ?

DORISE

Oui, puisque Piosidor t'aime et ne m'aime point ; C'est assez m' offenser que d'être ma rivale.

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