SCÈNE V
CLARICE, LUCRÈCE, ISABVJ.hE, à la fenéire; DORANTE, CLITON, m 6as.
CLARICE , à Isabelle.
Isabelle, Durant notre entretien demeure en sentinelle.
ISABELLE
Lorsque votre vieillard sera prêt à sortir,
Je ne manquerai pas de vous en avertir.
{Isabelle descend de la fenêtre, et ne se montre plus . )
LUCRÈCE, à Clarlce.
Il conte assez au long ton histoire à mon père.
' Remarquez que le théAtre ici ne reste pas tout à fait vide, et que si les scènes ne sont pas lié^'s, elles sont du moins annoncées. Il sort deux acteurs, et il en rentre deux autres; mais les deux premiers ne sortent qu'en conséquence de l'arrivée (hs deux seconds : c'est toujours la même action qui eonlinue, c'est le même objet qui occupe le spectateur. Il est mieux ((ue les scènes soient toujours liées; les yeux eiresprilcn sont plus satisfaits. (V.)
2 Autrefois un auteur, selon sa volonté, faisait hier d'une syllabe, el ancien de trois ; aujourd'hui cette mélhode est changée : ancien de trois syllabes rend le vers plus languissant; </»cien de deux syllabes devient dur : on est réduit iiéviler c(! mol, quand on veut faire des vers ou rien ne rebute l'oreille. (V.)
3 Cette scène est toute espagnole : c'est un simple jeu de deux femmes , une simple méprist; de Dorante, dont il ne résulte rien d'intéressant ni de plaisant, rien qui déploie li's caractères ; et c'est probablement la raison pour la(|uelle le Menteur n'est plus si goiUé qu'aulrefois. (V.) — l-a remar(|ue d«! Voltaire est trèsjuste; mais le Menteur est toujours goûté, parce que, malgré ses défauts , c'est une de nos plus agréables comédies. (P.)