‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 697 sur 1093 · CLARICE, LUCRÈCE, SABINE · texte numérisé non relu

CLARICE, LUCRÈCE, SABINE

CLARICE

Il t'en veut tout de bon , et m'en voilà défaite ■ ; Mais je souffre aisément la perte que j'ai faite ; Alcippe la répare, et son père est ici.

LUCRÈCE

Te voilà donc bientôt quitte d'un grand souci ?

CLARICE

M'en voilà bientôt quitte; et toi , te voilà prête A t'enrichir bientôt d'une étrange conquête. Tu sais ce qu'il in'a dit.

SABINE

S'il vous mentait alors , A présent il dit vrai ; j'en réponds corps pour corps.

CLARICE

Peut-être qu'il le dit; mais c'est un grand peut-être.

LUCRÈCE

Dorante est un grand fourbe, et nous l'a'fait connaître ; Mais s'il continuait encore à m'en conter. Peut-être avec le temps il me ferait douter.

CLARICE

Si tu l'aimes, du moins , étant bien avertie. Prends bien garde à ton fait , et fais bien ta partie ».

LUCRÈCE

C'en est trop ; et tu <iois seulement présumer Que je penche à le croire, et non pas à l'aimer.

De le croire à l'aimer la distance est petite : Qui fait croire ses feux fait croire son mérite ;

■ Ces scènes de Clarice et de Lucrèce ne sont ni conii((ues ni intéressantes : aucune des deux n'aime ; elles jouent un tour assez grossier à Dorante, qui doit reconnaître Clarice à sa voix; et ce sont elles (|ui sont véritablement inenleuses avec lui. (V.)

''■ Cette expression , prise en ce sens , n'est plus d'usage. Aujourd'hui , prcndri' f/anle à son fait est une phrase très-populaire. On a remaniué que ces scènes de Clarice et de Lucrèc<' sont toutes très-froide». On en demande la rai.son : c'est (|U(! ni l'une ni l'autre n'a une vraie passion ni un grand intérêt. (V.)

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