‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 720 sur 1093 · LE PRÉVÔT · texte numérisé non relu

LE PRÉVÔT

CLÉANDRE , (CU prévÔt.

Ah ! je suis innocent ; vous me faites injure.

LE PRÉVÔT, à Cléandre.

Si vous l'êtes, monsieur, ne craignez aucun mal ; Mais comme enfin le mort était votre rival , Kt que le prisonnier proteste d'innocence. Je dois sur ce soupçon vous mettre en sa présence.

CLÉANDRE, UUprévôt.

Kt si pour s'affranchir il ose me charger ?

LE PRÉVÔT , à Cléandre.

La justice entre vous en saura bien juger. Souffrez paisiblement que l'ordre s'exécute.

( à Dorante. ) Vous avez \ii, monsieur, le coup qu'on vous impute; Voyez ce cavalier; en serait-il l'auteur?

CLÉANDRE, bus.

Il va me reconnaître. Ah! Dieu ! je meurs de peur.

DORANTE, au prévôt.

Souffrez que j'examine à loisir son visage.

{bas.) C'est lui, mais il n'a fait qu'en homme de courage ; Ce serait lâcheté , quoi qu'il puisse arriver, De perdre un si grand cœur quand je puis le sauver. Ne le découvrons point.

CLÉANDRE, 6a5.

Il me connaît ; je tremble.

DORANTE, au prévôt.

Ce cavalier, monsieur, n'a rien qui lui ressemble ; L'autre est de moindre taille , il a le poil plus blond , Le teint plus coloré, le visage plus rond , Etje le connais moins, tant plusje le contemple.

CLÉANDRE , bttS.

O générosité qui n'eut jamais d'exemple !

DORANTE

L'habit même est tout autre.

LE PRÉVÔt.

Enfin ce n'est pas lui .^

DORANTE

Non, il n'a point de part au duel d'aujourd'hui.

LE PRÉVÔT, à Cléa)idre.

Je suis ravi , monsieur, de voir votre innocence Assurée à présent par sa reconnaissance; Sortez quand vous voudrez, vous avez tout pouvoir. Excusez la rigueur qu'a voulu mon devoir. Adieu.

CLÉANDRE, au prévôt.

Vous avez fait le dû de votre office'.

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