LE PRÉVÔT
CLÉANDRE , (CU prévÔt.
Ah ! je suis innocent ; vous me faites injure.
LE PRÉVÔT, à Cléandre.
Si vous l'êtes, monsieur, ne craignez aucun mal ; Mais comme enfin le mort était votre rival , Kt que le prisonnier proteste d'innocence. Je dois sur ce soupçon vous mettre en sa présence.
CLÉANDRE, UUprévôt.
Kt si pour s'affranchir il ose me charger ?
LE PRÉVÔT , à Cléandre.
La justice entre vous en saura bien juger. Souffrez paisiblement que l'ordre s'exécute.
( à Dorante. ) Vous avez \ii, monsieur, le coup qu'on vous impute; Voyez ce cavalier; en serait-il l'auteur?
CLÉANDRE, bus.
Il va me reconnaître. Ah! Dieu ! je meurs de peur.
DORANTE, au prévôt.
Souffrez que j'examine à loisir son visage.
{bas.) C'est lui, mais il n'a fait qu'en homme de courage ; Ce serait lâcheté , quoi qu'il puisse arriver, De perdre un si grand cœur quand je puis le sauver. Ne le découvrons point.
CLÉANDRE, 6a5.
Il me connaît ; je tremble.
DORANTE, au prévôt.
Ce cavalier, monsieur, n'a rien qui lui ressemble ; L'autre est de moindre taille , il a le poil plus blond , Le teint plus coloré, le visage plus rond , Etje le connais moins, tant plusje le contemple.
CLÉANDRE , bttS.
O générosité qui n'eut jamais d'exemple !
DORANTE
L'habit même est tout autre.
LE PRÉVÔt.
Enfin ce n'est pas lui .^
DORANTE
Non, il n'a point de part au duel d'aujourd'hui.
LE PRÉVÔT, à Cléa)idre.
Je suis ravi , monsieur, de voir votre innocence Assurée à présent par sa reconnaissance; Sortez quand vous voudrez, vous avez tout pouvoir. Excusez la rigueur qu'a voulu mon devoir. Adieu.
CLÉANDRE, au prévôt.
Vous avez fait le dû de votre office'.