SCÈNE V
DIDYME, THÉODORE, PAUUN.
DIDYME
Quoi ! ne craignez-vous point qu'une rage ennemie Vous fasse de nouveau traîner à l'infamie.^
THÉODORE
Non , non , Flavie est morte , et Marcelle en fureur Dédaigne un châtiment qui m'a tant fait d'horreur ; Je n'en ai rien à craindre , et Dieu me le révèle : Ce n'est plus que du sang que veut cette cruelle; Et quelque cruauté qu'elle veuille essayer. S'il ne faut que du sang j'ai trop de quoi payer. Rends-moi , rends-moi ma place assez et trop gardée. Pour me sauver l'honneur je te l'avais cédée; Jusque-là seulement j'ai souffert ton secours ; Mais je la viens reprendre alors qu'on veut mes jours. Rends, Didyme, rends-moi le seul bien où j'aspire, C'est le droit de mourir, c'est l'honneur du martyre. A quel titre peux-tu me retenir mon bien ?
DIDYME
A quel droit voulez-vous vous emparer du mien ? C'est à moi qu'appartient, quoi que vous puissiez dire, Et le droit de mourir, et l'honneur du martyre; De sort comme d'habits nous avons su changer, Et l'arrêt de Valens me le vient d'adjuger.
THÉODOBE.
Tu t'obstines en vain , la haine de Marcelle. . .