‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 920 sur 1093 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

CÉPHÉE, PERSÉE, suite du roi.

PERSÉE

Seigneur, un tel péril ne veut point de remise;

Mais espérez encor, je vole à son secours,

Et vais forcer le sort à prendre un autre cours '.

CÉPHEE.

Vingt amants pour Nérée en firent l'entreprise; Mais il n'est point d'effort que ce monstre ne brise. Tous voulurent sauver ses attraits adorés, Tous furent avec elle à l'instant dévorés.

PERSÉE

Le ciel aime Andromède , il veut son hyménée , Seigneur ; et si les vents l'arrachent à Phinée , Ce n'est que pour la rendre à quelque illustre époux Qui soit plus digne d'elle , et plus digne de vous ; A quelque autre par là les dieux l'ont réservée. Vous saurez qui je suis quand je l'aurai sauvée. Adieu. Par des chemins aux hommes inconnus Je vais mettre en effet l'oracle de Vénus. Le temps nous est trop cher pour le perdre en paroles.

CÉPHÉE

Moi , qui ne puis former d'espérances frivoles , Pour ne voir point courir ce grand cœur au trépas , Je vais faire des vœux qu'on n'écoutera pas.

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