‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 944 sur 1093 · PHORBAS · texte numérisé non relu

PHORBAS

Mettez , grand roi , votre esprit en repos; La tête de Méduse a puni tous ces traîtres.

CÉPHÉE

Le ciel n'est point monteur, et ies dieux sont nos maîpjioRRAs. [très.

Aussitôt que Persée a j)u voir son rival ' :

' CVsl dans ce rêcil (|u'on Irouve (1rs vers ou Ton rcconiiail

TE V, SCÈNE V. no5

« Descendons, a-t-il dit, en un combat égal ; « Quoique j'aie en ma main un entier avantage, « Je ne veux que mon bras, ne prends que ton courage. » « Prends, prends cet avantage , et j'userai du mien , » Dit Phinée ; et soudain , sans plus répondre rien , Les siens donnent en foule, et leur troupe pressée Fait choir Ménale et Clyte aux pieds du grand Péril s'écrie aussitôt : « Amis , fermez les yeux , [sée. « Et sauvez vos regards de ce présent des cieux : « J'atteste qu'on m'y foi'ce, et n'en fais plus d'excuse. « Il découvre à ces mots la tête de Méduse '. Soudain j'entends des cris qu'on ne peut achever; J'entends gémir les uns , les autres se sauver; J'entends le repentir succéder à l'audace; J'entends Phinée enfin qui lui demande grâce. « Perfide , il n'est plus temps, lui dit Persée. » Il fuit : J'entends comme à grands pas ce vainqueur le poursuit , Comme il court se venger de qui l'osait surprendre; Je l'entends s'éloigner, puis je cesse d'entendre. Alors , ouvrant les yeux par son ordre fermés , Je vois tons ces méchants en pierre transformés : Mais l'un plein de fureur, et l'autre plein de crainte, En porte sur le front l'image encore empreinte ; Et tel voulait frapper, dont le coup suspendu Demeure en sa statue à demi descendu ; Tant cet affreux prodige *

le pincpau de Corneille; mais ils ne sont pas les seals qui méritent d'être remarqués. II est vrai qu'on ne joue plus ni Andromède, ni la\Toison d'Or, et que ces pièces ne sont guère lues que des gens de lettres; mais il nous semble qu'elles étaient plus dignes de l'attention de Voltaire : elles peuvent faire regarder Corneille comme le créateur de l'opéra, et elles prouvent que son génie s'étendait à toutes les hranches de l'art dramatique, n y a d'ailleurs dans l'une et dans l'autre des scènes très-bien faites, et des vers auxquels Voltaire aurait rendu plus de Justice , s'il eût été moins prévenu en faveur de Quinault. On convient que ce dernier poêle était appelé par la nature au genre lyrique; et Corneille, qui le devança en traitant le sujet A' Andromède , et en donnant la première idée des tragédies à machines, mêlées de chants, lui assigna son véritable domaine. Quinault perfectionna très»heureusement ce que Corneille n'avait qu'ébauché; et son opéra Ae Persée, comme le dit Voltaire, est en effet très-supérieur h Andromède ; ce qui n'empêche p;is que, dans cette dernière pièce, et dans la Toison d'Or, il n'y ail des scènes et des vers que Quinault n'eut pas été capable de faire : les lecteurs instruits les remarqueront assez. (P.)

» Voici presque le seul morceau où l'on retrouve Corneille. Cette image des guerriers pétriiiés par la tête de Méduse est imitée d'Ovide :

Immotusque silex armataque mansit Imago,

Quinault n'a point exprimé ce qu'Ovide et Corneille ont si bien peint. Je ne ferai point ici de remarque sur cette phrase, qui n'est pas française : descendons en un combat; sur cx!s mots : ne prends que ton courage ; fait choir Ménale; sauvez vos regards. Je n'ai presque point examiné le slyle de cette pièce; il est trop négligé et trop incorrect : la pièce d'ailleurs est oubliée, et il n'y a que celles qui sont restées au lhéi\tre sur los- (pielles on puisse entrer dans des détails utiles. (V.)

> Celle desciiplion parait digne dos bons ouvrages de Corneille. (V.)

coo

ANDROMKDK, ACTE V, SCÈNE VIH.

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