FLORIDAN, PYMANTE, CLÉON, DORISE
en habit de femme; tbois veneurs.
FLORIDAN, à Dorise et à Cléon.
Vous m'avez dit tous deux d'étranges aventures. Ah, Clitandre ! ainsi donc de fausses conjectures T'accablent , malheureux , sous le courroux du roi ! Ce funeste récit me met tout hors de moi.
CLÉON
Hâtant un peu le pas , quelque espoir me demeure Que vous arriverez auparavant qu'il meure.
FLORIDAN
Si je n'y viens à temps , ce perfide en ce cas
A son ombre immolé ne me suffira pas.
C'est trop peu de l'auteur de tant d'énormes crimes ;
Innocent, il aura d'innocentes victimes.
Où que soit Rosidor, il le suivra de près ,
Et je saurai changer ses myrtes en cyprès.
DORISE
Souiller ainsi vos mains du sang de l'innocence !
FLORIDAN
Mon déplaisir m'en donne une entière licence. .l 'en veux , comme le roi , faire autant à mon tour ; Et puisqu'en sa faveur on prévient mon retour, Il est trop criminel. Mais que viens-je d'entendre? Je me tiens presque sûr de sauver mon Clitandre; La chasse n'est pas loin , où , prenant un cheval , Je préviendrai le coup de son malheur fatal; Il suffit de Cléon pour ramener Dorise.
( montrant P y manie. ) Vous autres, gardez bien de lâcher votre prise; Tfn supplice l'attend , qui doit faire trembler Quiconque désormais voudrait lui ressembler.