‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 99 sur 1093 · FLORIDAN, PYMANTE, CLÉON, DORISE · texte numérisé non relu

FLORIDAN, PYMANTE, CLÉON, DORISE

en habit de femme; tbois veneurs.

FLORIDAN, à Dorise et à Cléon.

Vous m'avez dit tous deux d'étranges aventures. Ah, Clitandre ! ainsi donc de fausses conjectures T'accablent , malheureux , sous le courroux du roi ! Ce funeste récit me met tout hors de moi.

CLÉON

Hâtant un peu le pas , quelque espoir me demeure Que vous arriverez auparavant qu'il meure.

FLORIDAN

Si je n'y viens à temps , ce perfide en ce cas

A son ombre immolé ne me suffira pas.

C'est trop peu de l'auteur de tant d'énormes crimes ;

Innocent, il aura d'innocentes victimes.

Où que soit Rosidor, il le suivra de près ,

Et je saurai changer ses myrtes en cyprès.

DORISE

Souiller ainsi vos mains du sang de l'innocence !

FLORIDAN

Mon déplaisir m'en donne une entière licence. .l 'en veux , comme le roi , faire autant à mon tour ; Et puisqu'en sa faveur on prévient mon retour, Il est trop criminel. Mais que viens-je d'entendre? Je me tiens presque sûr de sauver mon Clitandre; La chasse n'est pas loin , où , prenant un cheval , Je préviendrai le coup de son malheur fatal; Il suffit de Cléon pour ramener Dorise.

( montrant P y manie. ) Vous autres, gardez bien de lâcher votre prise; Tfn supplice l'attend , qui doit faire trembler Quiconque désormais voudrait lui ressembler.

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