SCÈNE IV LE COMTE, D. DIÈGUE
LE COMTE
Enfin TOUS remportez, et la faveur du roi Vous élève en un rang qui n'était dû qu'à, moi * ; Il vous fait gouverneur du prince de Castille.
D. DIÈGUE
Cette marque d'honneur qu'il met dans ma famille Montre à tous qu'il est juste, et fait connaître assez Qu'il sait récompenser les services passés.
LE COMTE
Pour grands que soient les rois , ils sont ce que nous sommes : Ils peuvent se tromper comme les autres hommes; Et ce choix sert de preuve à tous les courtisans Qu'ils savent mal payer les services présents.
D. DIÊGUE.
Ne parlons plus d'un choix dont votre esprit s'irrite; La faveur l'a pu faire autant que le mérite. Mais on doit ce respect au pouvoir absolu. De n'examiner rien quand un roi l'a voulu. A l'honneur qu'il m'a fait, ajoutez-en un autre; Joignons d'un sacré nœud ma maison à la vôtre. Vous n'avez qu'une fille, et moi je n'ai qu'un fils; Leur hymen nous peut rendre à jamais plus qu'amis : Faites-nous cette gr&ce, et l'acceptez pour gendre.
LE COMTE
A des partis plus hauts ce beau fils doit prétendre; Et le nouvel éclat de votre dignité Lui doit enfler le cœur d'une autre vanité. Exercez-la, Monsieur, et gouvernez le prince; Monlrez4ui comme il faut régir une province. Faire trembler partout les peuples sous sa loi. Remplir les bons d'amour, et les méchants d'effroi; Joignez à ces vertus celles d'un capitaine : Montrez-lui comme il faut s'enduicir à la peine. Dans le métier de Mars se rendre sans égal,
' Aujouid'hni, quand les comédiens représentent cette pièce, ils commen-> cent par cette sène. C'est J.-B. Rousseau qui fit ce changement, et qui supprima le rôle de l'infante.