‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 155 sur 594 · ACTE V, SCÈNE III. SOI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. SOI

Si tu raLmes encor, ce sera ton supplice.

MAXIME

le n'en murmure point, il a trop de justice; Et je suis plus confus, Seigneur, de vos bontés Que je ne suis jaloux du bien que vous m*ôtez.

CINNA

SoufiTrez que ma vertu dans mon cœur rappelée Vous consacre une foi lâchement violée.

Mais si ferme à présent, si loin de chanceler, Que la chute du ciel ne pourrait Fébrauler. Puisse le grand moteur des belles destinées , Pour prolonger vos jours, retrancher nos années; Et moi, par un bonheur dont chacun soit jaloux, Perdre pour vous cent fois ce que je tiens de vous !

LIVIE

Ce n*est pas tout. Seigneur; une céleste flamme D*un rayon prophétique illumine mon âme. Oyez ce que les dieux vous font savoir par moi ; De votre heureux destin c*est l'immuable loi. Après cette action vous n'avez rien à craindre ; Ou portera le joug désormais sans se plaindre ; Et les plus indomptés renversant leurs projets. Mettront toute leur gloire à mourir vos sujets; Aucun lâche dessein , aucune ingrate envie N'attaquera le cours d'une si belle vie ; Jamais plus d'assassins , ni de conspirateurs : Vous avez trouvé l'art d'être maître des cœurs. Rome, avec une joie et sensible et profonde, Se démet en vos mains de l'empire du monde; Vos royales vertus lui vont trop enseigner Que son bonheur consiste à vous faire régner : D'une si longue erreur pleinement affranchie. Elle n'a plus de vœux que pour la monarchie , Vous prépare déjà des temples , des autels , Et le ciel une place entre les immortels ; Et la postérité , dans toutes les provinces. Donnera votre exemple aux plus généreux princes.

AUGUSTE

J'en accepte l'augure, et j'ose l'espérer :

202 CINNA

Ainsi toujours les dieux vous daignent inspirer) Qu'on redouble demain les heureux sacrifices Que nous leur offrirons sous de meilleurs auspices. Et que vos conjurés entendent publier Qu'Auguste a tout appris et veut tout oublier.

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