‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 17 sur 594 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

JD. DIÈGDE,

0 rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N*aî-je donc tant vécu que pour cette infamie ? Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers? Mon bras qu'avec respect toute l'Espagne admire , Mon bras , qui tant de fois a sauvé cet empire , Tant de fois afiermi le trône de son roi , Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi? 0 cruel souvenir de ma gloire passée ! Œuvre de tant de jours en un jour efTacée ! Nouvelle dignité, fatale à mon bonheur!

Précipice élevé d'où tombe mon honneur ! Faut-il de votre éclat voir triompher le comte , Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte? Comte, sois de mon prince à présent gouverneur ; Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur; Et ton jaloux orgueil , par cet affront insigne , Malgré le choix du roi , m'en a su rendre indigne. Et toi , de mes exploits glorieux instrument. Hais d'un corps tout de glace inutile ornement, Fer jadis tant à craindre, et qui, dans cette offense. M'as servi de parade , et non pas de défense , Va, quitte désormais le dernier des humains. Passe, pour me venger, en de meilleures mains. •

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