ACTE III, SCËNE H
Et devers Forient assuré son aspect.
Qu'ils ont Eût éclater leur manque de respect. A chaque occasion de la cérémonie, A l'enyi Fun et l'autre étalait sa manie , Des mystères sacrés hautement se moquait, Et traitait de mépris les dieux qu*on invoquait. Tout le peuple en murmure, et Félix s'en offense; Mais tous deux s'emportant à plus d'irrévérence :
< Quoi! lui dit Poîyeucta en élevant sa voix,
c Adorez-vous des dieux ou de pierre ou de bois? > Ici dispensez-moi du récit des blasphèmes Qu'ils ont vomis tous deux contre Jupiter mêmes : L'adultère et l'inceste en étaient les plus doux. € Oyez, dit-il ensuite, oyez, peuple, oyez tous :
< Le Dieu de Polyeucte et celui de Néarque
( De la terre et du ciel est l'absolu monarque ,
< Seul être indépendant, seul maître du destin,
< Seul principe étemel, et souveraine fin.
< C'est ce Dieu des chrétiens qu'il faut qu'on remercie « Des victoires qu'il donne à l'empereur Décie ;
< Lui seul tient en sa main le succès des combats ; « Il le veut élever, il le peut mettre à bas ;
c Sa bonté , son pouvoir, sa justice est immense ; ( C'est lui seul qui punit, lui seul qui récompense :
< Tous adorez en vain des monstres impuissants. » Se jetant à ces mots sur le vin et l'encens,
Après en avoir mis les saints vases par terre , Sans crainte de Félix, sans crainte du tonnerre. D'une fureur pareille ils courent à l'autel. Cieux! a-t-on vu jamais, a-t-on rien vu de tel! Du plus puissant des dieux nous voyons la statue Par une main impie à leurs pieds abattue , Les mystères troublés , le temple profané , La fuite et les clameurs d'un peuple mutiné Qui craint d'être accablé sous le courroux céleste. Félix... Mais le voici qui vous dira le reste.
PAULINE
Que son visage est sombre et plein d'émotion! Qu'il montre de tristesse et d'indignation I
2i0 POLYEUCTE.