‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 294 sur 594 · SCENE I DORANTE, ALCIPPE, PHILISTE · texte numérisé non relu

SCENE I DORANTE, ALCIPPE, PHILISTE

PHILISTE

Oui, TOUS faisiez tous deux en hommes de courage, El if aviez l'un ni l'autre aucun désavantage. Je rends grâces au ciel de ce qu'il a permis Que je sois survenu pour vous refaire amis, Et que, la chose égale, ainsi je vous sépare : Mon heur en est extrême, et l'aventure rare.

DORANTE

L'aventure est encor bien plus rare pour moi. Qui lui faisais raison sans avoir su de quoi. Mais, Alcippe, à présent tirez-moi hors de peine. Quel sujet aviez-vous de colère ou de haine ? Quelque mauvais rapport m'aurait-il pu noircir? Dites; que devant lui je vous puisse éclaircir.

ALCIPPE

Vous le savez assez.

DORANTE

Plus je me considère.

Moins je découvre en moi ce qui vous peut déplaire.

ALClP^E.

Eh bien ! puisqu'il vous faut parler plus clairement, Depuis plus de deux ans j'aime secrètement; Mon affaire est d'accord, et la chose vaut faite; Mais pour quelque raison nous la tenons secrète. Cependant à l'objet qui me tient sous sa loi , Et qui sans me trahir ne peut être qu'à moi, Vous avez donné bal, collation, musique; Et vous n'ignorez pas combien cela me pique. Puisque, pour me jouer un si sensible tour, Vous m*avez à dessein caché votre retour, Et n'avez aujourd'hui quitté votre embuscade

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