‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 301 sur 594 · ACTE m, SCÈNE Y · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE Y

* ISABELLE

Lorsque votre vieillard sera prêt à sortir. Je ne manquerai pas de vous en avertir.

(lubellê detcead de la fanètn et m se monlre ploi.) LUCRÈCE, àClarice.

n conte assez au long ton histoire à mon père. Mais parle sous mon nom, c'est à moi de me taire.

CLARICE

Ëtes-vous là, Dorante?

DORANTE

Oui, Madame, c'est moi, Qui veux vivre et mourir sous votre seule loi.

LUCRÈCE, àClariee.

Sa fleurette pour toi prend encor même style.

CLARICE, à Lucrèce.

n devrait s'épargner cette gène inutile. Hais m'aurait-il déjà reconnue à la voix?

CLITON, àDonnte.

C'est elle, et je me rends, Monsieur, à cette fois.

DORANTE , à Glarice.

Oui, c'est moi qui voudrais effacer de ma vie Les jours que j'ai vécu sans vous avoir servie. Que vivre sans vous voir est un sort rigoureux ! C'est ou ne vivre point, ou vivre malheureux ; C'est une longue mort; et pour moi , je confesse Que, pour vivre, il faut être esclave de Lucrèce.

CLARICE, àLDcràce.

Chère amie, il en conte à chacune à son tour.

LUCRÈCE, àCUiice.

n aime à promener sa fourbe et son amour.

A vos commandements j'apporte donc ma vie; Trop heureux si pour vous elle m'était ravie ! Disposez-en, Mackime, et me dites en quoi Vous avez résolu de vous servir de moi.

CLARICE

Je vous voulais tantôt proposer quelque chose ; Mais il n'est plus besoin que je vous la propose. Car elle est impossible.

DORANTE

Impossible? ah! pour vous

Je pourrai tout, Madame, en tous lieux, contre tous.

GLARICB.

Jusqu'à Yous marier, quand je sais que vous Tètes?

DORANTE

Moi, marié! ce sont pièces qu'on vous a faites; Quiconque vous Fa dit s'est voulu divertir.

CLARICE, à LQCièM.

Est-il un plus grand fourbe?

LUCRÈCE, àClariM.

Il ne sait que mentir.

DORANTE

Je ne le fus jamais; et si , par cette voie , On pense...

CLARICE

Et vous pensez encor que je vous croie?

DORANTE

Que le foudre à vos yeux m'écrase si je mens !

CLARICE

Un menteur est toujours prodigue de serments.

DORANTE

Non , si vous avez eu pour moi quelque pensée Qui sur ce faux rapport puisse être balancée, Cessez d'être en balance , et de vous délier De ce qu'il m'est aisé de vous justifier.

CLARICE, i LDcièce.

On dirait qu'il dit vrai , tant son effronterie Avec naïveté pousse une menterie.

DORANTE

Pour vous ôter de doute, agréez que demain En qualité d'époux je vous donne la main.

CLARICE

Hé ! vous la donneriez en un jour à deux mille.

DORANTE

Cei*tes, vous m'allez mettre en crédit par la ville, Mais en crédit si grand , que j'en crains les jaloux.

CLARICE

C'est tout ce que mérite un homme tel que vous, Un homme qui se dit un grand foudre de guerre, Et n'en a vu qu'à coups d'écritoire, ou de verre; Qui vint hier de Poitiers, et conte, à son retour, Que depuis une année il fait ici sa cour;

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