‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 386 sur 594 · ACTE I, SCÈNE II. I9S · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. I9S

Et, n'eût été Léonce, en la dernière guerre. Ce dessein avec lui serait tombé par terre , Puisque, sans la valeur de ce jeune guerrier, Martian demeurait ou mort ou prisonnier. Ayant que d'y périr, s'il faut qu'il y périsse, Qu*il TOUS laisse un neveu qui le soit de Maurice, Et qui, réunissant l'une et l'autre maison. Tire chez vous l'amour qu'on garde pour son nom.

PBOCAS.

Hélas ! de quoi me sert ce dessein salutaire , Si pour en voir l'effet tout me devient contraire? Pulchérie et mon fils ne se trouvent d'accord Qu*à fuir cet byménée à l'égal de la mort ; Et les aversions, entre eux deux mutuelles, Les font d'intelligence à se montrer rebelles. La princesse surtout frémit à mon aspect; Et, quoiqu'elle étudie un peu de faux respect. Le souTcnir des siens, l'orgueil de sa naissance. L'emporte à tous moments à braver ma puissance. Sa mère, que longtemps je voulus épargner. Et qu'en vain par douceur j'espérai de gagner. L'a de la sorte instruite ; et ce que je vois suivre He punit bien du trop que je la laissai vivre.

CRISPE

n faut agir de force avec de tels esprits, Sei^eur; et qui les flatte endurcit leurs mépris : La violence est juste où la douceur est vaine.

Ccst par là qu'aujourd'hui je veux dompter sa haine. Je l'ai mandée exprès , non plus pour la flatter, • Haïs pour prendre mon ordre, et pour l'exécuter.

CRISPE

Elle entre.

Page 1