ACTE I, SCÈNE III
De ne pouvoir régner que par son alliance :
Sans prendre un nouveau droit du nom de son époux ,
Ha naissance suffit pour régner après vous.
J*ai du cœur, et tiendrais l'empire même infâme
S*il fallait le tenir de la main d'une femme.
PHOCAS
Eh bien ! elle mourra , tu n'en as pas besoin.
HÉRACLIUS
De vous-même, Seigneur, daignez mieux prendre soin. Le peuple aime Maurice ; en perdre ce qui reste Nous rendrait ce tumulte au dernier point funeste. Au nom d'Héraclius à demi soulevé, Vous verriez par sa mort le désordre achevé. Il vaut mieux la priver du rang qu'elle rejette. Faire régner une autre, et la laisser sujette; Et d'un parti plus bas punissant son orgueil...
PHOGAS.
Quand Maurice peut tout du creux de son cercueil , A ce fils supposé , dont il me faut défendre , Tu parles d'ajouter un véritable gendre !
HÉRACLIUS
Seigneur, j'ai des amis chez qui cette moitié...
A répreuve d'un sceptre il n'est point d'amitié , Point qui ne s'éblouisse à l'éclat de sa pompe , Point qu'après son hymen sa haine ne corrompe. Elle mourra» te dis-je.
PULGHÉRIE, àHéracIius.
Ah ! ne m'empêchez pas De rejoindre les miens par un heureux trépas. La vapeur de mon sang ira grossir le foudre Que Dieu tient déjà prêt à le réduire en poudre; Etina mort, en servant de comble à tant d'horreurs..
PHOCAS
Par ses remercîments juge de ses fureurs. Je prononce l'arrêt, il faut que l'effet suive. Résous-la de t'aimer, si tu veux qu'elle vive ; Sinon, j'en jure encore, et ne t'écoute plus. Son trépas dès demain punira ses refus.
500 HÉRACLIUS