SCÈNE V PHOCAS, HÉRACLIUS, PULCHÉRIE, MARTIAN
GARDES. PHOCAS, àHéraclias.
Toi, cependant, ingrat, sois mon flls si tu veux. En l'état où je suis , je n'ai plus lieu de feindre. Les mutins sont domptés, et je cesse de craindre. Je vous laisse tous trois.
(AFiilchérie.)
Use hien du moment
546 HÉRACLIUS
Que je prends pour en faire un juste cliâtiment; Et, si tu n'aimes mieux que l'un et l'autre meure , Trouve, ou choisis mon fils, et l'épouse sur l'heure; Autrement, si leur sort demeure encor douteux, Je jure à mon retour qu'ils périront tous deux. Je ne veux point d'un fils dont l'implacable haine Prend ce nom pour afiront, et mon amour pour gène. Toi...
PULCHÉRIE
Ne menace point; je suis prête à mourir.
PHOCAS
A mourir ! jusque-là je pourrais te chérir ! N'espère pas de moi cette faveur suprême ; Et pense...
PULCHÉRIE
A quoi , tyran ?
PHOCAS
A m'épouser moi-même Au milieu de leur sang à tes pieds répandu.
PULCHÉRIE
Quel supplice !
PHOCAS
Il est grand pour toi; mais il t'est dû. Tes mépris de la mort bravaient trop ma colère. Il est en toi de perdre ou de sauver ton frère ; Et du moins, quelque erreur qui puisse me troubler. J'ai trouvé les moyens de te faire trembler.