ACTE I, SCÈNE II. «G
En cette qualité , ses devoirs assidus
Me rendent les respects à ma naissance dus.
Il fait sa cour chez moi comme un autre peut faire :
Il a trop de vertu pour être téméraire;
Et y si jamais ses vœux s'échappaient jusqu'à moi.
Je sais ce que je suis et ce que je me doi.
D. LÉONOR
Daigne le juste ciel vous donner le courage De vous en souvenir et le mettre en usage I
D. ELVIRE
Vos ordres sur mon cœur sauront toiyours régner.
D. LÉONOR
Cependant ce Carlos vous doit accompagner. Doit venir jusqu'au lieu de votre obéissance Vous rendre ces respects dus à votre naissance, Vous faire, comme ici, sa cour tout simplement.
D. ELVIRB.
De ses pareils la guerre est l'unique élément :
Accoutumés d'aller de victoire en victoire ,
Ils cherchent en tous lieux les dangers et la gloire.
La prise de Séville, et les Maures défaits.
Laissent à la Castille une profonde paix :
S'y voyant sans emploi, sa grande âme inquiète
Veut bien de don Garcie achever la défaite.
Et contre les efforts d'un reste de mutins
De toute sa valeur hâter nos bons destins*
D. LÉONOR
Mais quand il vous aura dans le trône affermie , Et jeté sous vos pieds la puissance ennemie , S*en ira-t-il soudain aux climats étrangers Chercher tout de nouveau la gloire et les dangers?
D. ELVIRE
Madame, la reine entre.