‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 490 sur 594 · D. RAYMOND · texte numérisé non relu

D. RAYMOND

Sortant d'une prison de plus de six années,

Je Tai cherché» Madame, où, pour les mieux braver,

Par l'ordre du feu roi je le fis élever

Avec tant de secret, que même un second père

Qui l'estime son fils ignore ce mystère.

Ainsi qu'en votre cour Sanche y fut son vrai nom ;

Et Ton n'en retrancha que cet illustre Don.

Là , j'ai su qu'à seize ans son généreux courage

S'indigna des emplois de ce faux parentage;

Qu'impatient déjà d'être si mal tombé,

A sa fausse bassesse il s'était dérobé ;

Que déguisant son nom, et cachant sa famille,

Il avait fait merveille aux guerres de Castille ,

D'où quelque sien voisin, depuis peu de retour,

L'avait vu plein de gloire , et fort bieu à la cour;

Que du bruit de son nom elle était toute pleine;

Qu'il était connu même et chéri de la reine :

Si bien que ce pécheur, d'aise tout transporté ,

Avait couru chercher ce fils si fort vanté.

D. LÉONOR

Don Raymond, si vos yeux pouvaient le reconnaître...

Page 1