‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 501 sur 594 · ACTE I, SCÈNE lîl · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE lîl

NIGOMÈDE.

U n'a rien dit, Madame^ Qui vous doive jeter aucun trouble dans l'âme.

ARSINOÉ

Mais qui cause, Seigneur, ce retour surprenant? Et votre usmée?

NICOMËDE.

Elle est sous un bon lieutenant; Et quant à mon retour, peu de chose le presse. J'avais ici laissé mon maître et ma maîtresse : Vous m'avez ôté l'un, vous, dis-je, ou les Romains; Et je viens sauver l'autre , et d'eux , et de vos mains.

ARSlNOÉ.

C'est ce qui vous amène?

NICOMÉDE.

Oui, Madame; et j'espère Que vous m*y servirez auprès du roi mon père.

ARSINOÉ

Je vous 7 servirai comme vous l'espérez.

NIGOMÈDE.

De votre bon vouloir nous sommes assurés.

ARSINOÉ

n ne tiendra qu'au roi qu'aux effets je ne passe.

NIGOMÈDE.

Vous voulez h tous deux nous faire cette grâce?

ARSINOE.

Tenez-vous assuré que je ne n'oublirai rien.

NIGOMÈDE.

Je connais votre cœur, ne doutez pas du mien.

ATTALB.

Madame, c'est donc là le prince Nicomède?

NiCOHÈDE.

Oui, c*est moi qui viens voir s'il faut que je vous cède.

ATTALE

Ahl Seigneur, excusez si, vous connaissant maL«.

NICOMÈDE

Prince, faites-moi voir un plus digne rival. Si vous aviez dessein d'attaquer cette fdace. Ne vous départez point d'une si noble audace : Mais, comme à son secours je n'amène que moi, Ne la menacez plus de Rome ni du roi.

Je la défendrai seul; attaquez-la de même.

Avec tous les respects qu'on doit au diadème.

Je veux bien mettre à part, avec le nom d'alné,

liC rang de votre. maître où je suis destiné;

Et nous verrons ainsi qui fait mieux un brave homme»

Des leçons d'Ânnibal , ou de celles de Rome.

Adieu ; pensez-y bien , je vous laisse y rêver.

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