L'INFANTE, LÉONOR
l'infante.
Où viens-tu, Léonor?
LÉONOR
Vous applaudir, Madame, Sur le repos qu'enfin a retrouvé votre âme.
l'infante.
D'où viendrait ce repos dans un comble d'ennui?
LÉONOR
Si l'amour vit d'espoir , et s'il meurt avec lui , Rodrigue ne peut plus charmçr votre courage. Vous savez le combat où Chimène l'engage ; Puisqu'il faut qu'il y meure , ou qu'il soit son mari , Votre espérance est morte , et votre esprit guéri.
l'infante.
Ah ! qu'il s'en faut encor !
LÉONOR
Que pouvez-vous prétendre?
l'infante.
Hais plutôt quel espoir me pourrais-tu défendre? Si Rodrigue combat sous ces conditions.
Pour en rompre l'effet j'ai trop d'inventions. L'amour, ce doux auteur de mes cruels supplices, Aux esprits des amants apprend trop d'artifices.
LÉONOR
Pourrez-vous quelque chose , après qu'un père mort