‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 522 sur 594 · ACTE III, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VII

Mais , OU vous n'avez pas la mémoire fort bonne , Ou vous n'y mettez rien de ce qu'on vous ordonne.

ATTALE

Seigneur, vous me forcez à m'en souvenir mal. Quand vous n'achevez pas de rendre tout égal. Vous vous défaites bien de quelques droits d'ainesse ; Hais vous défaites-vous du cœur de la princesse , De toutes les vertus qui vous en font aimer, Des hautes qualités qui savent tout charmer. De trois sceptres conquis, du gain de six batailles, Des glorieux assauts de plus de cent muraiUes î Avec de tels seconds rien n'est pour vous douteux. Rendez donc la princesse égale entre nous deux. Ne lui laissez plus voir ce long amas de gloire Qu'à pleines mains sur vous a versé la victoire ; Et faites qu'elle puisse oublier une fois Et vos rares vertus et vos fameux exploits; Ou contre son amour, contre votre vaillance. Souffrez Rome et le roi dedans l'autre balance : Le peu qu'ils ont gagné vous fait assez juger Qu'ils n'y mettront jamais qu'un contre-poids léger.

NICOMÉDE.

C'est n'avoir pas perdu tout votre temps à Rome , Que vous savoir ainsi défendre en galant homme. Vous avez de l'esprit, si vous n'avez du cœur.

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