ACTE IV, SCÈNE VI
FLAMINIUS
Je Tais TOUS Texpliquer, et veux bien vous guérir D'une erreur dangereuse où vous semblez courir. Rome, qui vous servait auprès de Laodice, Pour vous donner son trône eût fait une injustice ; Son amitié pour vous lui faisait cette loi : Mais par d'autres moyens elle vous a fait roi ; Et le soin de sa gloire à présent la dispense De se porter pour vous à cette violence. Laissez donc celle reine en pleine liberté, Et tournez vos désirs de quelque autre côté. Rome de votre hymen prendra soin elle-même.
ATTALE
Hais s*il arrive enfin que Laodice m'aime ?-
Ce serait mettre encor Rome dans le hasard Que Ton crût artifice ou force de sa part ; Cet hymen jetterait une ombre sur sa gloire. Prince, n'y pensez plus, si vous m'en pouvez croire; Ou , si de mes conseils vous faites peu d'état , N'y pensez plus du moins sans l'aveu du sénat.
ATTALE
A voir quelle froideur à tant d'amour succède, Rome ne m'aime pas ; elle hait Nicomède : Et lorsqu'à mes désirs elle a feint d'applaudir, EUe a voulu le perdre, et non pas m'agrandir.
FLAMINIUS
Pour ne vous faire pas de réponse trop rude Sur ce beau coup d'essai de votre ingratitude , Suivez votre caprice, offensez vos amis; Vous êtes souverain , et wout vous est permis. Ifais puisque enfin ce jour vous doit faire connaître Que Rome vous a fait ce que vous allez être , Que perdant son appui vous ne serez plus rien , Que le roi vous l'a dit, souvenez- vous-en bien.